C’est en commission des affaires sociales de la ville de Paris que Patrick Bloch, premier adjoint à la mairie de Paris, a confirmé la suspension du forfait dû au lycée Stanislas. La décision vise un point précis : l’établissement n’a toujours pas rendu facultatif son cours de culture chrétienne, contrairement aux préconisations de l’enquête administrative de 2023.
La liberté de conscience des élèves préservée
La direction de Stanislas, qui assume le projet chrétien des établissements sous contrat, affirme "avoir pris en compte au mieux les demandes du rectorat et effectué les ajustements nécessaires afin que cet enseignement ne puisse pas être assimilé à une instruction religieuse et préserve la liberté de conscience des élèves." Un dispositif a été mis en place afin que les familles soient informées en toute transparence des contenus de cours et qu’elles puissent faire remonter leurs observations. Toutes ces modalités, dont le rectorat a été informé le 21 août dernier, sont effectives depuis la rentrée de septembre.
L’établissement a par ailleurs saisi le préfet de la région Ile-de-France il y a plusieurs semaines pour l’informer de l’absence de versement par la mairie de Paris des forfaits d’externat normalement dû au titre de l’année 2025. Stanislas invoque la loi Debré qui impose aux communes de financer à parité les élèves du public et du privé sous contrat, via ces forfaits. "La Ville de Paris ne peut pas décider unilatéralement de refuser leur versement dès lors que l’établissement est sous contrat d’association." précise la direction.
Dix recommandations sur onze respectées
Sur les onze recommandations formulées par l’inspection générale en 2023, dix ont été appliquées, ce qui avait permis le rétablissement du versement l’an dernier, déjà suspendu par Anne Hidalgo.
La maire socialiste réclame la mise en conformité totale de Stanislas aux recommandations de l’inspection générale, dépassant ses prérogatives selon l’établissement. A l’époque, le rapport pointait le caractère obligatoire de la catéchèse, une culture de non-mixité propice, selon les inspecteurs, à "un climat favorable à l’homophobie", ainsi qu’un non-respect de certains programmes, dont l’éducation à la sexualité. Autant de réprimandes qui ne font aujourd’hui plus débat. Patrick Bloche réclame désormais l’audition du directeur de Stanislas et du directeur diocésain de l’enseignement catholique de Paris, afin de trancher ce dernier point. Une invitation que l’établissement affirme n’avoir jamais reçue.