C'est une révolution qui pourrait bien changer le quotidien des 347.000 Français atteint d'un cancer , et sous chimiothérapie. Jusqu'à présent, ce traitement lourd demandait un passage par l'hôpital. Mais des chercheurs américains et français, encadrés par le CNRS, ouvrent la voie à la chimiothérapie sous-cutanée. Objectif : injecter la chimiothérapie comme un diabétique s'injecterait de l'insuline sans avoir un petit boîtier implanté sous la peau, reliée en permanence à une veine. Pour y arriver, les scientifiques ont modifié un principe actif pour lui permettre de passer dans le sang sans stagner sous la peau.
"On a modifié en fait ce principe actif et on l'a accroché à une chaîne de polymère c'est-à-dire, à une macromolécule", explique Julien Nicolas, directeur de recherche au CNRS et responsable de l'étude. "Ce principe actif polymère va être soluble dans l'eau et il va migrer des tissus sous-cutané vers la circulation sanguine, comme pour une chimiothérapie classique injecté par voie intraveineuse. Mais nous, on sera passé par la voie sous-cutanée", ajoute-t-il.
"Ça pourrait être un gros progrès"
Cette découverte pourrait révolutionner l'accès à la chimiothérapie, et améliorerait le confort des patients. "Le geste est simple à exécuter. Il n'y a pas besoin de personnel qualifié ni d'infrastructures spécialisées. Il n'y a pas besoin a priori d'hospitalisation. Donc laisser les patients chez eux et leur permettent de recevoir leur traitement à domicile par une simple injection sous-cutanée, ça pourrait être un gros progrès."
Désormais, Julien Nicolas et d'autres chercheurs espèrent récolter deux millions et demi d'euros pour commencer les essais cliniques d'ici deux ans.