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Blocages de lycées : 180 établissements touchés, bras de fer entre le gouvernement et LFI

[© Meryl CURTAT / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a fait état de 164 interpellations lors des blocages de 180 lycées, dont plusieurs en Île-de-France ont été marqués par de violents affrontements. Jean-Luc Mélenchon accuse la police d'avoir provoqué les heurts, tandis qu'un nouvel appel à bloquer circule pour mardi.

Les forces de l'ordre ont procédé à 164 interpellations ce lundi 28 septembre dans le cadre d'un mouvement de blocages de lycées, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. 

Des centaines d'élèves ont bloqué leur établissement dès le matin, et des affrontements ont éclaté avec les forces de l'ordre devant plusieurs dizaines de lycées, notamment en Île-de-France.

"On ne peut pas tolérer les débordements"

Lors d'un point de presse au ministère, Laurent Nuñez a jugé ce nombre d'interpellations "assez significatif" et précisé que 180 établissements étaient concernés. Pour lui, il ne s'agit pas de "mouvements de contestation très habituels" mais de faits qui "s'apparentent à des violences urbaines". 

"Des individus étaient cagoulés, équipés de projectiles et voulaient manifestement en découdre avec les forces de sécurité intérieure", a-t-il dénoncé, en prévenant : "On ne peut pas tolérer les débordements."

Plusieurs personnes ont été blessées : "douze membres des forces de l'ordre", "huit personnels enseignants dont trois chefs d'établissement" et "une douzaine de lycéens".

Tirs de mortier et projectiles contre les forces de l'ordre

Sur le terrain, la journée a été marquée par des scènes de guérilla. Des tirs de mortier ont visé les forces de l'ordre à Nanterre, et des projectiles ont été lancés sur le commissariat de Saint-Denis. Des violences ont également été signalées devant certains établissements de Lille.

Au moins sept policiers avaient été blessés dans la matinée, selon le responsable Île-de-France du syndicat Alliance. "À Saint-Denis, le policier a été blessé à la main par un tir de mortier. Il y en a eu dans les Hauts-de-Seine, il y en a eu en Seine-et-Marne", détaille-t-il. Deux proviseurs ont par ailleurs été transportés à l'hôpital, dont l'un après avoir été frappé à la tête par un élève.

Le syndicaliste condamne ces débordements. "Encore une fois, les policiers sont victimes d'un affrontement avec une partie de cette jeune population, qui vient sans doute simplement pour s'en prendre aux policiers. Et nos policiers sont encore une fois victimes des propos communiqués par certains, comme ce leader de La France insoumise via les réseaux sociaux."

Jean-Luc Mélenchon accuse la police, un nouvel appel à bloquer pour mardi

Après ces débordements, Jean-Luc Mélenchon a en effet accusé les policiers d'avoir provoqué ces violences. Il a enjoint les élèves à poursuivre le mouvement. Un appel national à bloquer les lycées partout en France mardi matin circule sur les réseaux sociaux.

Parmi les images de la journée, celle du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, dansant devant le blocus d'un lycée de sa ville, acclamé par la population, devant une poubelle en feu.