L'Union européenne va suspendre sa riposte aux droits de douane de Donald Trump pour 90 jours afin de "donner une chance aux négociations", a annoncé jeudi la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. "Nous souhaitons donner une chance aux négociations", a assuré la cheffe de l'exécutif européen. Ouvrir la porte et discuter mais parmi les Vingt-Sept, certains se demandent si ce n'est pas un peu trop tôt pour le faire.
"Il y a des pays qui font le dos rond, c'est le cas de l'Europe"
Avec cette décision, l'Union européenne (UE) encaisse, sans la moindre riposte, la taxe universelle planchée de 10% qui reste en vigueur, ainsi que les droits de douane sur l'acier, l'aluminium et les voitures. Une posture qui tranche avec la fermeté affichée il y a quelques semaines.
L'UE fait évoluer sa stratégie au gré du comportement de Donald Trump, Thomas Genin, expert en macro-économie internationale. "Il y a une ligne des pays qui font le dos rond, aujourd'hui c'est le cas de l'Europe, et puis vous avez la Chine dans un rapport de force", affirme-t-il.
Pour Éric Dor, professeur d'économie à l'IESEG, cette décision hâtive de l'UE montre que les partisans européens de la confrontation avec Trump ont perdu de l'influence. "Il y a un clan qui pense qu'une négociation ne peut être efficace que si on a montré les dents avant. La France était sous cette position-là. D'autres, en Italie, s'alignaient sur une position de dire, 'négocions, soyons même prêts à des concessions", explique-t-il.
Plutôt accommodante, la stratégie de l'UE comporte un risque, celui d'affaiblir les Vingt-Sept dans les négociations. En tout cas, Donald Trump y trouve son compte. Jeudi soir, il a salué la décision très intelligente de l'Union européenne.