Grand penseur et vulgarisateur de la résilience, Boris Cyrulnik ne cesse de mettre en lumière les bienfaits de ce concept. Chez Anne Roumanoff mardi , il redonne sa définition du terme et indique à quel point la petite enfance est une période charnière.
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"Un processus de reconstruction de soi, de reprise évolutive"
"Il n’y a pas de définition plus simple que la résilience", affirme Boris Cyrulnik au micro d'Europe 1. "On a un trauma, on est hébété par le malheur : si on ne déclenche pas un processus de résilience , on rumine, on rumine et on se met sur le tapis roulant de la dépression", explique le neuro-psychiatre. Il faut donc agir à l'inverse et tenter de sortir de ce chemin qui conduit tout droit vers la dépression. "Si on est entouré, si on cherche à donner sens à ce qui est arrivé, on déclenche souvent un processus de reconstruction de soi, de reprise évolutive : c’est la définition de la résilience", détaille Boris Cyrulnik.
"La résilience existe aussi chez les personnes âgées"
"Avec la neuro-imagerie, on sait qu'un bébé sécurisé acquiert la confiance en lui. On voit que son cerveau se met à bien fonctionner car il est sécurisé", indique Boris Cyrulnik. Grâce à ces travaux, le spécialiste souligne à quel point la confiance donnée par les parents dans l'enfance pré-verbale est importante pour la résilience. "Quand il y a une résilience, c’est que dans la petite enfance, les personnes ont acquis des facteurs de protection", ajoute le neuro-psychiatre. Pour autant, pas de panique, il est possible de faire ce travail sur soi-même lorsqu'on est adulte. "En faisant travailler le patient", confie Boris Cyrulnik, "la résilience existe aussi chez les personnes âgées."