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En directGrève du 5 novembre : 81 lycées bloqués, un établissement en flamme à Toulouse

[Philippe LOPEZ / AFP]
La journée de jeudi sera-t-elle le point d'orgue d'un automne social très chaud ? De premières perturbations liées à des grèves avaient lieu jeudi matin, avant les manifestations prévues dans la journée pour les salaires et le pouvoir d'achat, à l'appel de tous les syndicats, qui réclament au gouvernement des réponses concrètes. Suivez notre direct.
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Un lycée en flamme à Toulouse

Le lycée Tournefeuille de Toulouse est en flamme.

81 établissements bloqués à 10h

À 10h00, 2,2% soit seulement 81 établissements bloqués, selon les autorités. À noter plusieurs affrontements avec les forces de l'ordre dans plusieurs villes, notamment Toulouse. 

Les syndicats veulent un "geste significatif" sur le Smic

Les responsables de la CFDT et de la CGT ont à nouveau réclamé jeudi matin une hausse substantielle du Smic et, au-delà, des augmentations des salaires dans leur ensemble, avant le départ de cortèges dans toute la France.

"Il y a une forte attente sur un véritable geste significatif", a déclaré sur RMC-BFMTV Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, qui réclame 100 euros d'augmentation nette supplémentaire du salaire minimum, le seul en France à évoluer automatiquement en fonction de l'inflation.

Les syndicats interprofessionnels appellent jeudi à manifester ou faire grève pour réclamer des hausses de rémunération. Une mobilisation rejointe par les jeunes qui protestent depuis mi-septembre contre leurs conditions d'études, ainsi que par des gilets jaunes.

"La France est le pays européen qui a le moins augmenté son salaire minimum depuis dix ans. Nous sommes maintenant un pays de bas salaires", a dénoncé sur LCI Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.

Emmanuel Macron paye "pour toute son œuvre", juge Marine Tondelier

Emmanuel Macron paye "pour toute son oeuvre" avec le mouvement social actuel, a estimé jeudi la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier qui juge que ça va être "compliqué" pour l'exécutif de répondre à "une convergence des luttes".

Le chef de l'État "finit son mandat comme il a gouverné, c'est-à-dire seul contre tous. Et là, on a une sorte de mouvement social qui est son bilan de mandat, c'est pour toute son oeuvre pendant dix ans", a estimé Mme Tondelier sur Public Sénat

La candidate écologiste à la présidentielle juge "que ça va être dur pour eux (l'exécutif, NDLR) de répondre, parce que il y a eu des mouvements, par exemple sur les retraites, où on manifestait pour le retrait de cette réforme, là, c'est un peu pour toute leur oeuvre".

"Du fait qu'ils n'ont pas répondu aux lycéens pendant un mois et demi, maintenant il y a une convergence des luttes et donc il y a beaucoup de sujets sur lesquels ils vont devoir répondre : le pouvoir d'achat, l'écologie, les mesures féministes, etc", a-t-elle estimé.

Des perturbations prévues partout en France

Le ministère de l'Éducation nationale estime le taux de grévistes à 17,54% dans le premier degré public. S'il juge "difficile de figer une moyenne nationale" dès mercredi, le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, s'attend à une forte mobilisation, avec "un enseignant sur deux gréviste dans l'Oise, 40% en Eure-et-Loir et entre 50 et 70% en Ille-et-Vilaine". "En Seine-Saint-Denis, les prévisions atteignent jusqu'à 75% dans certains secteurs, tandis qu'à Paris, nous recensons déjà près de 80 écoles fermées", ajoute le syndicat.

Les quatre organisations représentatives de la SNCF (CGT, Unsa ferroviaire, Sud Rail et CFDT) ont appelé ensemble à la grève. La direction prévoit un trafic allant de "perturbé" à "fortement perturbé" sur les lignes régionales, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes, dans les Hauts-de-France, en Bretagne et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, mais préservé sur les grands axes, avec un TGV sur dix supprimé. Ce sera plus compliqué sur les Intercités et les TER.

En Île-de-France, le trafic sera affecté sur les RER B, C, D et E, ainsi que sur les lignes J, L, H, N, R et U, avec entre un train sur deux et un train sur trois supprimé. Il sera normal sur le RER A et les lignes K, P et V. La RATP table sur un trafic normal sur ses métros, bus et tramways. Retrouvez notre article ici.

70.000 policiers et gendarmes mobilisés

Les autorités attendent 500.000 à 700.000 personnes hors de Paris et 40.000 à 80.000 personnes dans la capitale.

Mercredi soir, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé mobiliser 70.000 policiers et gendarmes, promettant "une réponse d'une extrême fermeté" aux éventuels "débordements".

"Ce n'est pas avec des mesures sécuritaires qu'on va mettre fin aux manifestations, c'est en répondant aux revendications", a critiqué sur LCI Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, évoquant 260 manifestations prévues dans toute la France.

Des manifestations interdites en centre-ville

cette journée de mobilisation s'accompagne de protestations sur des atteintes alléguées à la liberté de manifester, face aux interdictions dans plusieurs villes de défiler dans certaines parties des centres-ville.

À Toulouse, l'intersyndicale a décidé de maintenir son parcours initial et à Bordeaux un accord a été finalement trouvé sur un tracé au centre-ville, avec un périmètre d'interdiction dans les artères les plus commerçantes, selon la préfecture.

À Lyon, la préfecture qui avait interdit la manifestation dans l'hyper-centre et proposé un autre parcours en ville, a obtenu raison auprès de la justice.

A Paris, des rubalises ont été installées par la police le long du boulevard Voltaire, qu'empruntera finalement le cortège après un bras de fer judiciaire perdu par l'intersyndicale contre la préfecture de police. Des commerces ont protégé leurs vitrines avec des planches de bois.

"On a besoin de faire nombre pour être entendus aujourd'hui", a appelé Sophie Binet, jugeant "inédit de telles remises en causes des libertés fondamentales".