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«Acte III» : la France des sous-préfectures, angle mort du dispositif de sécurité de la Place Beauvau

Pour prévenir d'éventuels débordements ce week-end, 70.000 policiers et gendarmes seront de nouveau sur le pont. Mais si les grandes villes seront plutôt bien servies, les plus petites pourraient être fragilisées, ne comptant que sur leurs fonctionnaires locaux.

Avec l'"Acte III" contre la vie chère prévu ce samedi, les autorités s’attendent à de nouvelles violences et beaucoup de monde dans les rues. À Paris, le renseignement anticipe 100.000 à 150.000 personnes dans le cortège. À cela, la mouvance contestataire chercherait à créer les conditions de l’insurrection en agrégeant les casseurs, les jeunes des quartiers et les fêtards d’Halloween.

"Impossible de tout sécuriser"

Pour y répondre, un dispositif musclé : 70.000 policiers et gendarmes à nouveau sur le pont. Mais les forces de l’ordre ne pourront pas tout protéger, et des angles morts subsistent… Les grandes villes seront plutôt bien servies en unités de forces mobiles. Rien qu’en Ile-de-France, 48 escadrons de gendarmes mobiles et compagnies de CRS seront déployés, en plus des moyens mobilisés par la préfecture de police.

Des moyens importants aussi à Marseille, Lyon, Nantes ou Bordeaux, qui concentreront la majeure partie des effectifs, au risque de fragiliser la France des sous-préfectures : Montargis, Montluçon, Aix-en-Provence, Béthune ou encore Mulhouse. Des villes trop petites pour bénéficier de renforts, mais suffisamment grosses pour concentrer un nombre important d’éléments radicaux.

Ces villes ne devront sans doute compter que sur leurs fonctionnaires locaux. "Impossible de tout sécuriser", rapporte un policier. "Il faut faire des choix. Ce qui compte, c’est de ne pas donner le sentiment d’être débordés", poursuit-il. D’où la volonté de la Place Beauvau de sécuriser en priorité les lieux de pouvoir, qui seront les premiers à être visés par les contestataires violents.