Après un rendez-vous avec le ministre de l'Intérieur, les organisations lycéennes et étudiantes ont promis de poursuivre leur mobilisation. Elles dénoncent avoir reçu "une leçon de maintien de l'ordre", après que Laurent Nuñez a refusé que le cortège ne se déplace entre les places de la Bastille et de la Nation.
À deux jours d'une nouvelle journée de manifestations, les organisations de jeunesse sont ressorties déçues de leur entretien avec le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, dénonçant un "dialogue de sourds", et ont réaffirmé leur volonté de poursuivre la mobilisation. "On s'est rendus à ce rendez-vous pour évoquer nos revendications, mais surtout les quatre dernières semaines de mobilisation marquées par des violences policières inouïes. Ce rendez-vous, c'était un dialogue de sourds", a regretté Manon Moret, secrétaire générale de l'Unef.
Selon elle, les représentants de la jeunesse ont eu droit à "une leçon de maintien de l'ordre", sans obtenir de réponses sur les violences qu'ils dénoncent lors des manifestations. Les organisations ont également accusé le ministre de refuser de reconnaître ces violences commises à l'encontre de manifestants. Dans ce contexte, elles ont promis de maintenir la pression.
Une manifestation interdite autour de Bastille et Nation
La question de la manifestation prévue samedi à Paris a également cristallisé les tensions. "On a un ministère de l'Intérieur qui décide de nous empêcher de manifester dans Paris", a déploré Suzanne Nijdam, présidente de la Fage, première organisation étudiante. L'intersyndicale Île-de-France, dont font partie la Fage, l'Unef et l'Union étudiante, conteste notamment la décision des autorités de leur interdire le parcours initialement prévu entre Bastille et Nation et de les renvoyer vers un itinéraire en périphérie de la capitale.
"C'est gravissime (...) c'est tout simplement un gouvernement qui organise le chaos", a accusé l'étudiante. Dans ce contexte, "on continuera de se mobiliser, on continuera d'appeler à des manifestations pacifiques", a prévenu Suzanne Nijdam.
"On est dans l'équilibre constitutionnel (...) les cortèges sont autorisés à l'écart des centres-villes (...) loin de nous la volonté d'entraver ces manifestations", a assuré de son côté Laurent Nuñez en conférence de presse.
Un changement "immédiat" de doctrine du maintien de l'ordre
"On continuera à se mobiliser tant que la police viendra dans les universités (...) On continuera à être dans la rue ce samedi et le 5 novembre parce qu'on refuse qu'ils nous cassent la gueule", a renchéri Sabrine Kharbach, porte-parole de l'Union étudiante. Du côté des organisations lycéennes, le ton était tout aussi offensif.
Louis Létoublon, vice-président de l'association Les Lycéens!, a dénoncé "un ministre irresponsable, incapable de répondre de la répression policière" qui "fait pression sur les lycéennes et les lycéens, les empêche de manifester".
La veille, son organisation, comme l'Union syndicale lycéenne (USL), avaient réclamé un changement de doctrine de maintien de l'ordre, ainsi que l'interdiction des grenades de désencerclement, et le recours aux gaz lacrymogènes, aux sprays au poivre et aux LBD. "Il faut qu'il revoie sa doctrine du maintien de l'ordre immédiatement, ou sinon son nom restera synonyme de honte", a de son côté estimé Ryad Rani, président de l'USL.