Une phrase de Roland Lescure sur les taxes sur les carburants a déclenché une vive polémique à l'Assemblée nationale. Marine Le Pen dénonce un "dédain insupportable", tandis que la porte-parole du gouvernement tente de recentrer le débat sur les mesures prises pour faire baisser les prix à la pompe.
"Une taxe qui ne m'empêche pas de dormir." La phrase de Roland Lescure, prononcée mercredi à l'Assemblée nationale, est devenue l'objet d'une polémique, et le gouvernement tente désormais d'éteindre l'incendie.
Interrogé par Éric Coquerel sur le prix des carburants, le ministre de l'Économie a expliqué que ce prix était plus élevé en France qu'ailleurs "parce qu'on taxe plus qu'ailleurs".
"Moi, c'est pas une taxe qui m'empêche de dormir"
"Je sais que ça empêche d'en endormir d'autres, mais moi ça ne m'empêche pas de dormir, ça permet de financer plein d'infrastructures, c'est très bien", a-t-il ajouté.
La sortie a aussitôt été critiquée par Marine Le Pen. "Sachez, monsieur Lescure, que ces taxes empêchent de dormir des millions de travailleurs, de retraités et de familles. Votre dédain est insupportable", s'est agacée la candidate du RN à la présidentielle. Sarah Knafo a elle aussi réagi, assurant qu'elle mettrait fin à ce qu'elle présente comme "un casse dont la politique se vante". "Ça va mal finir", s'est enfin inquiété Alexandre Jardin, le président de l'association Les Gueux.
Le gouvernement tente de désamorcer
Interrogée sur le sujet, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, est venue au secours de son collègue. "C'est peut-être maladroit sur la forme. Moi, ce qui m'intéresse, c'est ce qu'on fait sur le fond." Elle a mis en avant la libération de 10 millions de barils de diesel, qui doit permettre de faire baisser les prix "entre 12 et 18 centimes".
Depuis le Luxembourg, où il était en déplacement, Roland Lescure a pour sa part rappelé que faire baisser le prix à la pompe est "un enjeu essentiel", une manière de tenter de désamorcer la polémique.