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Mobilisation sociale : les forces de l'ordre peuvent-elles tenir chaque week-end jusqu’à la présidentielle ?

Isabelle Souriment / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP [Isabelle Souriment / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

70.000 policiers et gendarmes étaient mobilisés ce samedi 24 octobre pour encadrer la mobilisation sociale. Mais face à ce mouvement et au retour des Gilets jaunes, qui semble s’installer, avec d’autres journées de mobilisation déjà annoncées, les forces de l’ordre ont-elles réellement les moyens de se déployer en nombre chaque week-end ?

Laurent Nuñez était attendu au tournant ce week-end. Après le fiasco sécuritaire du 17 octobre, qui avait vu près de 3.000 commerces pillés ou dégradés et plus de 2.600 interpellations dans tout le pays, le ministre de l’Intérieur n’avait plus droit à l’erreur.

Cette fois, un dispositif sécuritaire XXL et exceptionnel a été déployé : environ 70.000 policiers et gendarmes étaient mobilisés, dont des unités d’élite comme le RAID et le GIGN. Alors que d’autres journées de mobilisation sont annoncées, les ministères de l’Intérieur et des Armées ont-ils les moyens de maintenir un tel dispositif sur la durée ?

Plusieurs limites

Première limite à laquelle la place Beauvau va rapidement être confrontée : l’épuisement des policiers et des gendarmes. Selon les informations d’Europe 1, plusieurs compagnies de CRS étaient déjà décimées ce week-end. En outre, jusqu’à un tiers des effectifs manquaient à l’appel dans certaines unités, en raison de blessures survenues lors du week-end du 17 octobre.

Le ministère de l’Intérieur va également devoir faire face à un autre problème : les jours de repos. Massivement mobilisés le week-end, les policiers et les gendarmes devront prendre leurs jours de récupération en semaine, ce qui risque de réduire les effectifs disponibles pour les missions de sécurité du quotidien, comme la lutte contre le trafic de drogue.

Enfin, le coût de ces dispositifs de sécurité constitue un autre frein. Une compagnie de CRS déployée sur le terrain coûte entre 15.000 et 30.000 euros par jour. Pour les 60 compagnies mobilisées samedi, la facture atteint ainsi entre 900.000 et 1,8 million d’euros par jour. À cela s’ajoutent les autres moyens engagés, comme les véhicules Centaure, dont le déploiement pourrait également coûter plusieurs millions d’euros.

Malgré toutes ces contraintes, le dispositif de ce week-end devrait très probablement être reconduit samedi prochain. En effet, des appels à un acte III des Gilets jaunes circulent déjà sur les réseaux sociaux.