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Albanie : face aux violences, le Premier ministre veut durcir la gestion des manifestations

Klaudia Radecka / NurPhoto / NurPhoto via AFP [Klaudia Radecka / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Face à la multiplication des manifestations réclamant sa démission, souvent émaillées de dégradations, le Premier ministre albanais Edi Rama annonce un durcissement, dans les prochains jours, de la législation sur les rassemblements. Il dit s’inspirer du "modèle français du casseur-payeur".

Le Premier ministre albanais, Edi Rama, entend durcir dans les prochains jours la législation sur les manifestations, en s'inspirant du "modèle français casseur-payeur", alors que les rassemblements demandant sa démission et émaillés de dégradations s'enchaînent.

"Quiconque choisit de rester dans une foule" commettant des violences et pillages au sein de l'espace public ou "dissimulant son identité" devra payer une amende de plus de 500 euros, a-t-il déclaré, dans une allocution vidéo, retransmise en direct dimanche sur les réseaux sociaux. Cela s'appliquerait à toute sorte de rassemblements "lorsqu'ils entraînent des dommages matériels".

Ce que contient le texte

Selon ce projet de texte, la police sera également autorisée à "restreindre les rassemblements jusqu'à 72 heures" dans certains périmètres, "en cas de risque imminent de violence", a ajouté le dirigeant socialiste, au pouvoir depuis 2013.

Ce texte, qui sera présenté la semaine prochaine, prévoit par ailleurs l'"indemnisation immédiate des petites entreprises" et la "suspension" ou révocation de ceux qui "encouragent, organisent ou coordonnent la participation d'élèves mineurs à des rassemblements".

Des enseignants ont apporté leur soutien aux revendications des lycéens, dans le cadre du mouvement de contestation pacifique contre le gouvernement, en cours depuis mai dans ce pays des Balkans.

Depuis mi-octobre à Tirana, la capitale, des manifestants ont régulièrement défié la police et attaqué des bâtiments officiels, en marge de rassemblements contre la corruption et pour de meilleures conditions d'études.

Pour sa part, Edi Rama dénonce des ingérences extérieures. "Quiconque exige ma démission se trompe en pensant qu'elle peut être imposée par la force ou sous quelque forme que ce soit. Mais je ne pense pas que tout ce qu'ils disent et exigent soit faux", a-t-il par ailleurs déclaré dimanche.