L'agence de notation Moody's n'a pas dégradé la note de la France, maintenue à Aa3, mais l'assortit d'une perspective négative. Une décision attendue alors que la France emprunte à plus de 5% et que S&P rendra son verdict le 27 novembre.
L'agence de notation américaine Moody's a maintenu la note de la dette française à Aa3, avec une perspective négative. La France conserve donc, pour l'instant, son rang parmi les pays notés double A.
Moody's était attendue au tournant. L'agence était critiquée pour sa supposée mansuétude envers la France, alors que ses concurrentes S&P et Fitch avaient déjà pris acte des graves difficultés budgétaires du pays en abaissant leur note.
La perspective négative signifie que l'agence ne ferme pas la porte à une dégradation ultérieure.
À quoi servent les agences de notation ?
Moody's, S&P et Fitch évaluent la capacité d'un emprunteur, un État comme une grande entreprise, à rembourser ses dettes. Leur note sert d'indicateur de confiance pour les investisseurs du monde entier, avec un classement par lettres, de AAA, la meilleure, jusqu'aux notes dites spéculatives, signe d'un risque plus élevé.
Ces notes pèsent directement sur le coût de la dette. Mieux un pays est noté, plus les investisseurs acceptent de lui prêter à un taux d'intérêt bas. Quand la note baisse, le risque perçu augmente et l'État doit offrir des taux plus élevés pour convaincre les marchés. De nombreux fonds d'investissement, comme les fonds de pension ou les assureurs, appliquent par ailleurs des règles qui limitent les placements en dessous d'un certain seuil de notation.
Pour un gouvernement, une dégradation est aussi un signal d'alarme politique sur sa trajectoire budgétaire.
Des marchés de plus en plus méfiants
Le contexte est tendu. Depuis quelques jours, la France emprunte à plus de 5%, le taux d'intérêt le plus élevé de la zone euro. Un niveau qui traduit la défiance des marchés vis-à-vis de la soutenabilité de la dette française.
Les fondamentaux budgétaires se dégradent également de manière continue, comme l'explique Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode. "Ce que regarde Moody's, c'est la stabilité financière de la France et notre capacité à maîtriser nos finances publiques. Le compte n'y est malheureusement pas. La capacité de la France à se réformer, à faire ce qui lui est demandé pour reprendre le contrôle de ses finances publiques, est extrêmement faible. On ne voit pas de chemin capable de ramener la France sur un sentier soutenable."
Prochain rendez-vous le 27 novembre
Le prochain rendez-vous est fixé au 27 novembre, avec la mise à jour de la note par S&P. L'agence aura sans doute plus de visibilité sur la capacité de la France à se doter d'un budget permettant de réduire le déficit public, attendu à 5,4% du PIB en fin d'année.