Une information judiciaire a été ouverte notamment pour "tentative d'homicide" sur un policier et "destruction" de la mairie de Limoges, incendiée lors de la mobilisation du 17 octobre. Le parquet a requis le placement en détention provisoire des deux suspects, âgés de 34 et 66 ans, interpellés cette semaine.
Une information judiciaire a été ouverte notamment pour "tentative d'homicide" sur policier et "destruction" de la mairie de Limoges, incendiée pendant la mobilisation du 17 octobre, a annoncé vendredi le parquet qui a requis le placement en détention des deux suspects interpellés cette semaine.
Les deux mis en cause, âgés respectivement de 34 ans et 66 ans et interpellés mardi pour le premier, jeudi pour le second, devaient être présentés au magistrat instructeur vendredi en fin de journée. La cité judiciaire de Limoges a été fermée au public pour raisons de sécurité, a fait savoir le tribunal.
Une information judiciaire ouverte pour plusieurs chefs d’accusation
Dans un communiqué, la procureure de la République à Limoges, Émilie Abrantes, a précisé que l'enquête, déjà ouverte pour "dégradation d'un bien en bande organisée par un moyen dangereux", "menaces de mort sur personnes dépositaires de l'autorité publique" et "tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique", avait été étendue à "association de malfaiteurs" et "destruction" de véhicules de police municipale.
"Les investigations se poursuivront désormais sous l'autorité du magistrat instructeur, a-t-elle ajouté, disant avoir requis le placement en détention provisoire "des deux mis en cause".
Un trentenaire fiché S et son père soupçonnés d’avoir participé à l’incendie
Le premier, un trentenaire originaire de la Creuse décrit par ses proches comme intérimaire dans le bâtiment et défenseur de l'environnement, avait été interpellé mardi matin à Bussière-Boffy, sur la commune de Val d'Issoire (Haute-Vienne), avec l'appui de l'antenne bordelaise du RAID.
Il est fiché S pour son appartenance présumée à l'ultragauche radicale et connu pour des violences sur un policier lors d'une manifestation passée dans la Creuse, selon les autorités.
Le parquet l'a présenté comme "l'un des suspects" soupçonnés d'avoir pris part samedi à l'incendie volontaire de l'hôtel de ville de Limoges, bâtiment classé inauguré en 1883, en grande partie détruit par les flammes lors des violents heurts ayant accompagné la mobilisation nationale contre la "vie chère".
Le second suspect, âgé de 66 ans et arrêté jeudi à Gentioux-Pigerolles (Creuse), est également suspecté d'avoir participé à la destruction de la mairie.
Le plateau des Millevaches dans le viseur des autorités
Environ 5.000 personnes ont défilé samedi dernier à Limoges, où des éléments radicaux ont attaqué la mairie, brisant des vitres et enfonçant la porte pour pénétrer à l'intérieur et mettre le feu.
Mardi, après l'interpellation du premier suspect, le maire de Limoges Guillaume Guérin (LR) en avait fait le probable "cerveau" de l'opération, tout en accusant "l'ultragauche, celle qui vit pour partie repliée sur le plateau des Millevaches", des terres rurales d'environ 10.000 habitants entre Corrèze, Creuse et Haute-Vienne.
Ce plateau a attiré de longue date une population alternative, dont la réputation radicale nourrit méfiances et tensions. Dans la région, des actions ont été revendiquées dans le passé, comme l'incendie de véhicules Enedis à Limoges en 2020, puis d'une antenne-relais en Haute-Vienne en 2021.
En avril, la justice a condamné pour ces faits un septuagénaire domicilié à Bussière-Boffy (Haute-Vienne), connu "pour ses liens avec le milieu anarchiste" et comme autonomiste basque dans les années 1980 d'après le journal Le Monde. Le trentenaire arrêté mardi dans ce même village est son fils.