Ce vendredi, l'agence de notation Moody's doit dévoiler sa mise à jour de la note de la dette souveraine française. Entre les violences survenues le 17 octobre et les crises à répétition, la note de la France devrait être rétrogradée.
Des crises multiples. L'agence de notation Moody's va dévoiler ce vendredi 23 octobre 2026 sa mise à jour de la note de la dette souveraine française. En clair, le pays est-il capable de rembourser ses créanciers ?
Les émeutes, les crises à répétition et l'incapacité du pays à tenir son budget ont déjà reçu un carton rouge des investisseurs. La dette à 10 ans vient de franchir le cap des 5%, signe que les marchés ont sans doute déjà intégré cette rétrogradation.
Une note toujours supérieure à l'Espagne et le Portugal ?
La France est plombée par une dette et un déficit public parmi les plus élevés de la zone euro. Le débat budgétaire à l'Assemblée laisse craindre une nouvelle dégradation des comptes publics. L'instabilité politique et les images de chaos du week-end dernier affolent les détenteurs de la dette tricolore qui réclament la prime de risque la plus élevée de la zone euro.
Tout porte donc à croire que Moody's va priver la France de son actuelle note "Aa3", qui caractérise les dettes de haute qualité, pour la rétrograder à "A1" avec les pays dont la dette est jugée de qualité moyenne supérieure comme la Belgique et l'Estonie, d'autant que deux des principales agences de notation ont déjà rétrogradé la note française.
"Moody's note actuellement la France un cran au-dessus de S&P (Standard & Poor's) et Fitch. Moody's devrait s'aligner en dégradant la note d'un cran. La situation politique dans laquelle on est, avec un budget compliqué à voter et une élection qui se profile, ne donne pas envie à une agence de notation de maintenir ce niveau", rappelle Andréa Tueni, responsable de la relation clients et des activités de marchés chez Saxo Banque.
Même rétrogradée d'un cran, la France continuerait à bénéficier d'une note supérieure à l'Espagne et au Portugal, deux pays dont la situation budgétaire est pourtant beaucoup plus saine.