Alors qu'une nouvelle journée de mobilisation est annoncée ce samedi, les commerçants s'inquiètent de subir une seconde fois des dégâts. Face à cela, les autorités préconisent de faire appel à des agents de sécurité privée. Une recommandation que beaucoup vont ignorer.
À la veille d’une nouvelle journée de mobilisation, les commerçants parisiens sont inquiets. Après les dégâts causés le week-end dernier, la préfecture de police les invite à faire appel à des agents de sécurité privée. Mais beaucoup risquent de ne pas suivre cette recommandation, faute de moyens.
Réparer avant de protéger
Chaussées calcinées, épaves de voitures brûlées… Les stigmates des violences du week-end dernier sont encore bien visibles dans les rues de la capitale. Dans cette boutique à la vitrine brisée, la gérante accueille avec amertume l’appel de la préfecture.
"C’est du n’importe quoi", souffle-t-elle. "On n’a pas les moyens, on ne sait même pas comment on va payer cette vitre. Vous pensez vraiment qu’on va embaucher un vigile ?"
"Nous n’avons pas les moyens !" : c’est également la réponse d’une autre commerçante. Les larmes aux yeux, elle redoute la journée du lendemain et aimerait pouvoir s’offrir les services d’un agent de sécurité privé.
Mais les heurts de la semaine dernière ont poussé les clients à déserter la rue où elle travaille, aggravant encore ses difficultés économiques. "C’est très compliqué en ce moment, et il faudrait en plus qu’on paie pour pouvoir se protéger", s’insurge-t-elle.
"En plus, ça doit coûter cher, parce que celui qui fait ça prend le risque de se faire péter le crâne. Il ne va pas accepter d’être payé 10 euros de l’heure", estime la commerçante, désespérée.
Un rempart vraiment efficace ?
Plus loin, cet opticien doute de l’efficacité d’un vigile face à des groupes nombreux et violents. Encore marqué par les débordements du 17 octobre, il raconte : "Quand vous avez 500 ou 600 jeunes excités comme j’ai eu la semaine dernière, qui m’ont insulté et menacé avec une barre de fer, je ne pense pas qu’un vigile prendra le risque de se faire maltraiter et secouer par 500 ou 600 jeunes."
Comme de nombreux autres commerçants, il préfère fermer temporairement sa boutique et perdre du chiffre d’affaires plutôt que de recruter un agent de sécurité privé.