Ce dimanche 25 octobre, 158,7 millions de Brésiliens sont appelés aux urnes pour élire au second tour celui qui occupera les fonctions de président pour les quatre prochaines années. Lula da Silva brigue un quatrième mandat, tandis que Flávio Bolsonaro entend marcher dans les pas de son père, Jair, élu président en 2018. À moins de cinq jours du scrutin, que disent les sondages ?
Luiz Inácio Lula da Silva ou Flávio Bolsonaro ? Au premier tour, le sénateur du Partido Liberal (PL), fils de l'ancien président Jair Bolsonaro (2019-2023), est arrivé en tête avec 47,03% des voix, devant le président sortant, crédité de 45,16%. À quelques jours du scrutin, lequel des deux candidats est donné favori par les sondages ?
Flávio Bolsonaro devant, mais...
Plusieurs des principaux sondages publiés ces derniers jours ont été réalisés avant le débat du 18 octobre. Ils ne permettent donc pas encore de mesurer un éventuel effet de cette confrontation sur les intentions de vote. Une chose apparaît clairement : aucun des deux candidats ne possède un avantage net sur son adversaire. Cependant, dans les quatre principaux sondages publiés, Flávio Bolsonaro arrive en tête des intentions de vote.
C'est dans le sondage publié par PoderData/Aya que le candidat du Partido Liberal (PL) a le plus gros avantage sur le président sortant. Flávio Bolsonaro est crédité de 52% des intentions de vote, contre 48% pour Lula. Un avantage de quatre points, bien au-dessus de la marge d'erreur d'1,8 point. Même scénario dans l'étude de Real Time Big Data.
Dans les autres sondages, même si Flávio Bolsonaro est donné devant Lula da Silva, l'écart reste dans la marge d'erreur et donc il y a une égalité technique entre les deux candidats. Ainsi, l'institut França donne un avantage d'1,6 point pour le candidat du PL devant le président sortant, mais la marge étant d'1,8 point, tout est encore possible.
C'est le sondage BTG/Nexus qui donne le plus faible avantage pour le fils de Jair Bolsonaro. Ce dernier est crédité de 50,30% des votes valides contre 49,70% pour Lula da Silva, un écart de 0,60 point, bien inférieur à la marge d'erreur de 2 points.
Seul un sondage donne pour le moment Lula da Silva vainqueur au second tour. Vox Brasil Opiniao donne 51% des votes valides au président sortant, contre 49% pour Flávio Bolsonaro. Malgré cette avance de deux points, l'écart reste dans la marge d'erreur de 2,15 points annoncée par l'institut. Le sondage ne permet donc pas de départager clairement les deux candidats.
Les deux candidats se rendent coup pour coup
D'autres sondages doivent paraître dans les médias brésiliens jusqu'à la veille du second. Les enquêtes publiées jusqu'ici dessinent une tendance favorable à Flávio Bolsonaro, même si elles ne permettent pas de conclure à une victoire assurée.
La campagne est rude entre les deux hommes. Le débat du 18 octobre en a été le parfait exemple avec des échanges vifs, particulièrement scrutés et partagés sur les réseaux sociaux. Les nouvelles technologies ont d'ailleurs été au cœur des tensions entre les deux camps.
Ce mardi, l'équipe de Lula da Silva a demandé à la justice l'annulation de la candidature du sénateur de droite en raison d'une ingérence de la part de Meta. La plateforme américaine aurait, selon elle, restreint la circulation des contenus du président sortant sur Instagram et WhatsApp.
Quelques heures plus tard, l'équipe de campagne de Flávio Bolsonaro a demandé l'annulation de la candidature de Lula da Silva pour une propagande abusive sur WhatsApp. Le recours évoque même un "abus de pouvoir". Les deux demandes doivent être étudiées par le Tribunal supérieur électoral (TSE).
Ces derniers épisodes illustrent les tensions qui marquent cette fin de la campagne, alors que les deux camps multiplient les offensives. Dans le même temps, les sondages dessinent donc une course serrée, avec un avantage pour Flávio Bolsonaro dans plusieurs enquêtes. Mais les écarts restent faibles dans une partie des études, et les dernières confrontations entre les candidats pourraient encore peser sur la campagne. À quelques jours du scrutin, l'issue du second tour demeure donc incertaine.