Plusieurs jours après les émeutes de ce week-end en marge des manifestations contre la vie chère, les commerçants pillés débutent un long processus : déclarer leur sinistre auprès des assurances. Un parcours qui s'annonce semé d'embûches pour des petits patrons qui souhaitent rouvrir le plus rapidement possible.
Quelques jours après les émeutes du 17 octobre et face à la détresse des commerçants pillés, le gouvernement a présenté de nouvelles aides ce mardi. Dès vendredi, un prêt à taux zéro sera disponible pour les sinistrés, allant jusqu'à 50.000 euros, tandis que le chômage partiel sera pris en charge à 100%.
En parallèle, les commerçants sinistrés débutent leurs déclarations aux assurances. Des compagnies qui, pour pouvoir rembourser, demandent des preuves parfois impossibles à fournir. À Bordeaux, dans cette boutique de bijoux désormais entièrement barricadée, il ne reste plus rien. Même les écrans des caisses ont été brisés.
"On a eu jusqu'à 52 personnes en même temps dans la boutique", note Estelle Piron, la directrice. "Ils rentraient avec des paniers et se servaient, décrochaient les bijoux. 80% de la boutique a été volée. Pour le vitrage, on est à 17.000 euros. Donc, c'est une estimation entre 120.000 et 150.000 euros de manière approximative", poursuit-elle au micro d'Europe 1.
Une perte d'exploitation de 70.000 euros
Le plus dur commence désormais. "On a commencé par contacter les assurances pour savoir comment évaluer la casse. Désormais, il faut donc se souvenir de chaque référence, de chaque prix, il faut bien extraire toutes les vidéos de surveillance. On a à peu près plus de 10.000 références dans nos articles. Donc il faut se baser sur les dernières factures qui ont été passées. C'est-à-dire que là, le soir, le travail ne s'arrête pas", souligne la dirigeante.
Scénario idéal désormais : ouvrir la boutique dans dix jours. "Pour le moment, la boutique reste fermée. On évalue à environ 70.000 euros de perte de chiffre d'affaires sur les dix jours de fermeture. Mais nous ne sommes pas couverts sur la perte d'exploitation", confie Estelle Piron.
Alors, pour éviter l'escalade ce week-end, Estelle Piron va volontairement laisser l'une de ses vitrines sans barricade pour montrer qu'il n'y a plus rien à voler.