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«Pour le faire respecter, il faut des moyens humains» : à Marseille, les habitants entre soulagement et inquiétude avec le couvre-feu après les émeutes

[Thibaud MORITZ / AFP]

Après une nuit calme, du lundi 19 au mardi 20 octobre, les couvre-feux nocturnes sont reconduits dans plusieurs grandes villes françaises, dont Marseille. Dans le centre-ville, encore marqué par les dégradations, habitants et policiers s’interrogent sur les moyens nécessaires pour faire respecter la mesure.

Le calme est revenu dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 octobre en France, après les émeutes survenues en marge de la manifestation du 17 octobre. Une accalmie notamment favorisée par le couvre-feu nocturne instauré depuis lundi dans certains secteurs de plusieurs grandes villes.

Cette mesure a été reconduite pour la nuit du 21 au 22 octobre à Paris, à Lyon, à Nice ou encore à Lille mais aussi à Marseille à 22h. Dans la cité phocéenne, cette décision est bien accueillie par une partie des habitants. Le centre-ville conserve encore les stigmates des dégradations, avec des palissades installées devant de nombreux commerces.

"Il y en a ras-le-bol, tout simplement. Il ne faudrait pas que ça recommence. Ce couvre-feu, je pense que ça devrait être efficace. Ça aurait dû être fait auparavant, surtout pour les points sensibles, le Vieux-Port et République. Laisser les gens à l’abandon comme ça… Ce n’est pas à nous de faire de l’autodéfense. (…) S’il faut qu’ils mettent l’armée, ce sera encore mieux, moi, je trouve", témoigne un Marseillais.

Des inquiétudes du côté d'un syndicat de police

Après avoir vu à quel point les forces de l'ordre pouvaient être débordées par le nombre, la virulence et l'organisation des casseurs, certains ici émettent des doutes. "Est-ce que ça va être respecté ? Est-ce que le gouvernement va agir ? Parce qu'après, c'est bien beau de dire le couvre-feu, mais il faut avoir des actes. Sinon, ça va nous mener à une guerre civile", explique ce riverain.

Des inquiétudes également partagées par les policiers, à l’image d’Arnaud Blaise, représentant du syndicat Unité. "Le couvre-feu, c’est bien, mais à condition qu’on arrive à le faire respecter. Pour le faire respecter, il faut des moyens humains", détaille-t-il au micro d’Europe 1. D’autres villes du département seront également concernées par ce couvre-feu.