Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Bruxelles, Milan, Madrid… Comme la France, ces grandes villes européennes secouées par la contestation

En France, une nouvelle journée de mobilisation se profile déjà pour le samedi 24 octobre prochain. [Piero CRUCIATTI / AFP]

À l'image de la France, les mouvements de contestation se multiplient en Europe. De Bruxelles à Milan, en passant par Madrid, Lisbonne et Tirana, la colère s’exprime autour de revendications liées au coût de la vie, à la crise du logement, à l’éducation ou encore à la corruption.

L'Europe s'embrase. Alors que la France connaît une vague de mobilisations et de violences urbaines, plusieurs grandes villes européennes sont elles aussi secouées par des mouvements de contestation. 

Du coût de la vie à la crise du logement, en passant par les conditions d’études et la corruption, les motifs de colère diffèrent selon les pays. À Bruxelles, Milan, Lisbonne ou encore Tirana, certains rassemblements ont donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre.

Des rassemblements qui dégénèrent à Bruxelles

La colère franchit les frontières. En Belgique, Bruxelles a connu des débordements le samedi 17 octobre. Initialement motivés par la hausse des coûts de l’enseignement, des rassemblements ont été marqués par des jets de projectiles visant les forces de l’ordre. En fin d’après-midi, la police a fait usage de gaz lacrymogènes devant la Bourse, en plein centre-ville, pour disperser plusieurs groupes de jeunes.

À Liège, les autorités ont également pris des mesures restrictives en interdisant les rassemblements de plus de trois personnes afin de limiter les mobilisations.

Des affrontements et des arrestations à Milan

En Italie, Milan a été particulièrement touchée par les violences du week-end des 17 et 18 octobre. En marge d’une manifestation contre la vie chère, des individus ont lancé des bouteilles et saccagé des commerces dans le quartier de la cathédrale. La police a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser les groupes rassemblés sur cette place centrale.

Selon l’agence de presse Ansa, plus de 200 personnes ont été arrêtées par la police milanaise depuis samedi. Face à la situation, la Première ministre Giorgia Meloni a convoqué une réunion de sécurité pour le lundi suivant. Des incidents similaires ont également été signalés à Bologne et à Turin.

La crise du logement au cœur de la colère madrilène

En Espagne, la contestation s’est notamment concentrée sur la crise du logement. La flambée des loyers et le manque de logements abordables compliquent l’accès à la propriété et à la location pour de nombreux jeunes, contraints de rester plus longtemps chez leurs parents. Les couples sont également nombreux à repousser leurs projets d’installation.

Le sujet a pris une nouvelle ampleur après l’expulsion de Maricarmen Abascal, une retraitée madrilène de 87 ans, qui a suscité une vague d’indignation. Le logement s’est ainsi imposé comme l’une des principales préoccupations sociales du pays.

Des campements pour réclamer des logements abordables à Lisbonne et Porto

Au Portugal, les mobilisations pour le droit au logement ont également pris de l’ampleur. À Lisbonne et à Porto, des manifestants ont installé des tentes dans les centres-villes afin de dénoncer la hausse des prix et réclamer des mesures pour rendre les logements plus accessibles.

Malgré les avertissements des autorités concernant les règles d’occupation de l’espace public et les risques de poursuites, des centaines de militants ont refusé de quitter leurs campements. 

À Porto, où le mouvement avait débuté une dizaine de jours auparavant, une porte-parole a indiqué au quotidien Público qu’un préavis de manifestation avait été déposé pour la période du 21 octobre au 31 décembre.

Quelques affrontements et débordements ont également été signalés, sans entamer la détermination des manifestants à poursuivre leur mobilisation.

Une démission du Premier ministre réclamée à Tirana

En Albanie, la capitale Tirana est elle aussi le théâtre de manifestations répétées. Le dimanche 18 octobre, pour le sixième jour consécutif, des centaines de personnes se sont rassemblées pour réclamer le départ du Premier ministre Edi Rama, qui a exclu de démissionner.

Les protestataires dénoncent notamment les conditions d’études dans les universités, les frais d’inscription élevés et la corruption. Devant le ministère de l’Éducation, la police a eu recours à des gaz lacrymogènes et à des canons à eau pour disperser les manifestants.

En France, une nouvelle journée de mobilisation se profile déjà. Après la forte participation du samedi 17 octobre, qui a rassemblé entre 550.000 et 800.000 personnes à travers le pays selon les sources, des Gilets jaunes appellent à poursuivre le mouvement le samedi 24 octobre. L’appel est largement relayé sur les réseaux sociaux.