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Émeutes du 17 octobre : pourquoi les services de renseignement n'ont pas anticipé l'arrivée des casseurs à Paris et dans plusieurs villes de France

[© Bruno Camillo / Middle East Images / Middle East Images via AFP]

3.000 commerces cassés ou pillés, près de 2.400 interpellations, et un président qui reconnaît des "défaillances d'anticipation et de renseignements". Après les émeutes de samedi, le renseignement et le dispositif policier sont mis en cause, et le Parlement s'apprête à enquêter.

Les autorités ont sous-évalué le risque de troubles à l'ordre public lors du week-end d'émeutes urbaines qui a touché plusieurs villes de France. Selon Serge Papin, ministre du Commerce, 3.000 commerces ont été cassés ou pillés. Près de 2.400 émeutiers ont été interpellés. Emmanuel Macron a lui-même pointé "des défaillances d'anticipation et de renseignements".

Même si certains risques avaient été repérés, le renseignement était loin d'imaginer la présence de dizaines de milliers de casseurs. Parmi eux, de nombreux jeunes venus de banlieue, qui ont rejoint les mobilisations au fil de la journée en voyant la situation dégénérer sur les réseaux sociaux.

Cette participation a été accentuée par le relais massif de vidéos d'exactions dès le samedi matin. Des influenceurs islamistes et des comptes pilotés par des puissances étrangères comme l'Iran et l'Algérie ont largement diffusé ces images. Elles ont incité des émeutiers à venir piller par opportunisme.

Un renseignement territorial qui manque de moyens, selon Alliance

Pour Yoann Maras, d'Alliance Police nationale, le renseignement territorial n'a aujourd'hui pas les moyens suffisants pour repérer ces menaces. "Ça fait des années qu'on dénonce, aussi bien sur le plan informatique, les logiciels qui sont complètement has-been, qui ont 20 ans, que le parc informatique, qui est exactement dans le même état. Les collègues font avec ce qu'on leur donne", explique-t-il.

Résultat, le dispositif policier n'a pas suffi. "On était pourtant prêts à venir aider", souffle une policière en repos, mais très peu de fonctionnaires ont été rappelés. "C'est honteux", lâche-t-elle, très remontée contre le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.

Dimanche soir, le Premier ministre Sébastien Lecornu a réuni tous les chefs des services de renseignement. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, va de son côté demander une commission d'enquête pour faire la lumière sur ces dysfonctionnements.