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Actuellement à l'antenne

EN IMAGES - Gilets jaunes, réforme des retraites, lycéens... Sous la présidence Macron, une succession de crises

[Benoit Tessier / POOL / AFP]

Alors que le président français approche de la fin de son second mandat, retour sur les crises qui ont marqué ses années à l’Élysée. Tour d'horizon des crises majeures qu'a connues la macronie.

Depuis son arrivée à l'Élysée, Emmanuel Macron a traversé une succession de crises sociales et politiques qui ont entaché ses deux mandats. Les tensions se sont multipliées dès 2018 avec le mouvement des Gilets jaunes, puis en 2023 avec la contestation de la réforme des retraites, les émeutes urbaines après la mort de Nahel, la colère des agriculteurs, jusqu’à l’instabilité institutionnelle née de la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024.

Dernière en date : la mobilisation des lycéens et des étudiants, engagée depuis septembre 2026, ouvre un nouveau front de contestation. Europe 1 fait un tour d'horizon des protestations et des manifestations les plus marquantes.

Les Gilets jaunes

Le mouvement des Gilets jaunes, mobilisation antigouvernementale, initialement contre la hausse des taxes sur les carburants à la suite d’un appel à manifester lancé par deux chauffeurs routiers le 10 octobre 2018, mobilise près de 300.000 personnes le samedi 17 novembre 2018 à travers le pays. Les manifestants occupent des ronds-points et bloquent des routes.

Les gilets jaunes bloquant les Champs-Élysées, à Paris, pour protester contre la hausse du prix du carburant, le 17 décembre 2018. Ilan Deutsch / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Après plusieurs samedis de violence, Emmanuel Macron cède à certaines revendications : il fait marche arrière sur la hausse des taxes sur les carburants, les tarifs de l'électricité et du gaz sont gelés, le Smic est revalorisé. Le mouvement, qui décroît à partir du printemps 2019, est marqué par 11 morts, 23 éborgnés et quelque 2.500 blessés parmi les manifestants, ainsi que 1.800 blessés chez les forces de l'ordre.

La réforme des retraites

Début 2023, le projet impopulaire du camp présidentiel de repousser de deux ans, à 64 ans, l'âge légal de départ à la retraite suscite une mobilisation de plus de trois mois. Les cortèges dépassent trois fois 1,2 million de personnes, selon la police.

Des raffineries, des transports et des ports sont bloqués. La grève des éboueurs transforme les trottoirs parisiens en poubelles à ciel ouvert.

La Première ministre Élisabeth Borne actionne le 49.3 pour adopter, sans vote, la loi sur les retraites, malgré de multiples recours devenus fréquents dans une Assemblée nationale où le président ne dispose que d'une majorité relative depuis sa réélection en 2022.

Un manifestante portant une pancarte arborant le slogan "Retraite à 49.3 ans" au sein d’un cortège composé de dizaines de milliers de personnes, lors d’une manifestation organisée à Paris le 19 janvier 2023. Samuel Boivin / NurPhoto / NurPhoto via AFP<br>

Les émeutes après la mort de Nahel

Le 27 juin 2023, des violences urbaines éclatent dans le pays après la mort de Nahel, un jeune de 17 ans tué par un tir policier après un refus d'obtempérer. 

Les émeutes mobilisent 45.000 policiers durant cinq nuits successives, avec près de 4.000 interpellés. Emmanuel Macron annonce un projet de "loi d'urgence" pour accélérer la reconstruction dans les villes touchées par les destructions.

Des ouvriers nettoient la rue à proximité d’une voiture incendiée dans le quartier sensible des Aubiers, à Bordeaux, tard dans la journée du 30 juin 2023. Philippe LOPEZ / AFP

La colère agricole

À l'automne 2023, des agriculteurs occitans retournent des centaines de panneaux signalétiques sur fond de colère contre la hausse annoncée de la taxation du gazole non routier (GNR) ou les retards d'aides européennes.

Début 2024, les puissants syndicats agricoles lancent des actions coup de poing : blocage d'autoroutes, convois de tracteurs vers Paris ou déversement de fumier devant des lieux symboliques.

Plus de 200 tracteurs, conduits par des agriculteurs en colère participent à une manifestation pacifique au cœur d'Angers (Maine-et-Loire). Frédéric Petry / Hans Lucas.

Un an plus tard, le vase déborde à nouveau : l'instabilité gouvernementale retarde les mesures attendues par une profession confrontée à sa pire récolte de blé en 40 ans, à des vendanges en chute libre et à des maladies bovines et ovines dévastatrices.

La loi d'orientation agricole, adoptée début 2025, calme temporairement les manifestations. Mais le débat reflambe quelques mois plus tard autour de l'accord de libre-échange UE-Mercosur.

La dissolution

Le 9 juin 2024, le Rassemblement national (RN) arrive en tête des élections européennes avec 31% des voix. Dans la foulée, le chef de l’État dissout, à la surprise générale, l'Assemblée nationale, convoquant des législatives anticipées.

Le RN réalise un score historique et devient le premier parti en nombre de députés, avec 119 élus (et trois apparentés), tandis que le camp présidentiel perd sa majorité relative.

S'ouvre une période d'instabilité politique marquée par la censure du gouvernement Barnier, puis la démission du gouvernement Bayrou. Chargé de former un nouvel exécutif, Sébastien Lecornu jette une première fois l'éponge, avant d'être reconduit et d'y parvenir.

Les blocus des lycées

Démarrés mi-septembre 2026 à Créteil (Val-de-Marne), après des prémices à Mayotte dès fin août, les blocages de lycées essaiment à travers la France, dénonçant la pression de Parcoursup, le manque d'enseignants, la dégradation du bâti scolaire et des emplois du temps chargés. Le mouvement gagne progressivement les universités.

Des épisodes de violences accompagnent cette séquence, touchant grièvement des mineurs et faisant des blessés parmi les forces de l'ordre.

Blocage de l’école Duperré en solidarité avec les lycéens, dans le cadre du mouvement national de blocage des lycées visant à réclamer de meilleures conditions d’études et davantage de moyens, à Paris, en France, le 12 octobre 2026. Quentin de Groeve / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

La posture de fermeté initialement affichée par l'exécutif cède peu à peu de la place à des réponses plus politiques, comme le déploiement en urgence de 3.000 professeurs remplaçants dans les lycées où la situation est la plus critique.