C'était un projet de longue durée qui a enfin été mené à bien. Ce jeudi, le pont sur le fleuve Yalu qui relie la Chine et la Corée du Nord a été ouvert à la circulation avec un retard de 12 ans. Un ouvrage qui doit permettre de renforcer les liens économiques entre les deux pays.
Les relations entre la Chine et la Corée du Nord entrent dans une nouvelle phase. Les deux pays, qui partagent 1.400 kilomètres de frontière, ont inauguré un nouveau pont sur le fleuve Yalu, composé de quatre voies et long de 3.026 mètres, ce jeudi 15 octobre.
Ce pont à haubans relie la ville chinoise de Dandong à celle de Sinuiju, en Corée du Nord. Ce nouvel ouvrage vient remplacer le "Pont de l'amitié", situé à une dizaine de kilomètres au nord, qui date de 1943 et qui ne pouvait plus supporter une cadence de passage importante. Un projet qui aura mis du temps à voir le jour.
Un investissement de 310 millions de dollars
L'origine du projet remonte à la fin des années 2010. Il est approuvé par le gouvernement chinois, à l'époque dirigé par Hu Jintao, et le prédécesseur de Kim Jong-un, son père Kim Jong-il. La construction du pont débute en 2011 mais les travaux du côté nord-coréen prennent du retard.
C'est finalement Pékin qui règle l'ensemble des frais et qui termine l'ouvrage en 2014 pour un investissement total estimé à 310 millions de dollars. Seulement, il faudra attendre 2026 pour que les premiers véhicules puissent emprunter ce pont en raison de retards liés au Covid-19, mais surtout en raison de l'absence de routes et d'installations douanières du côté nord-coréen.
Ce jeudi, le Premier ministre chinois, Li Qiang, a salué l'ouverture de ce pont qui "deviendra certainement un nouveau symbole de l'amitié entre la Chine et la République populaire démocratique de Corée (RPDC)". De son côté, le Premier ministre nord-coréen, Pak Thae-song, voit dans cet ouvrage "une nouvelle impulsion à la coopération économique équitablement bénéfique", comme le rapporte l'agence de presse sud-coréenne Yonhap.
La Russie, autre partenaire important pour la Corée du Nord
La Chine est le principal partenaire économique et diplomatique du régime nord-coréen, isolé sur la scène internationale. En 2025, les exportations chinoises vers la Corée du Nord ont atteint 2,3 milliards de dollars, soit une hausse de 25% sur un an. Des échanges qui pourraient encore progresser dans les années à venir.
Lim Eul-chul, spécialiste de la Corée du Nord à l'université sud-coréenne de Kyungnam, anticipe une augmentation "par trois ou par quatre" du trafic de marchandises. Le pont de l'Amitié, avec à peine assez d'espace pour circuler sur une voie, "ne peut tout simplement pas absorber le volume de marchandises entre les deux pays".
De plus, la Corée du Nord a, depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022, renforcé ses liens avec un autre pays de la région : la Russie. Le régime de Pyongyang aurait envoyé plusieurs milliers de soldats sur le front et aurait fourni une grande quantité de matériel militaire.
En échange, Moscou aurait renforcé son aide militaire et économique avec le régime nord-coréen. Au début du mois de septembre 2026, les deux pays ont inauguré le premier lien terrestre entre leurs deux territoires : un pont d'un kilomètre qui traverse le fleuve Toumannaïa. Un ouvrage qui symbolise là aussi "l'aspiration à renforcer les relations amicales et de bon voisinage" entre la Russie et la Corée du Nord.