Aucun accord n'a pour le moment été trouvé entre les services de la préfecture de police de Paris et les organisateurs de la mobilisation sociale de samedi sur le parcours du cortège parisien, annonce le préfet Patrice Faure.
Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a annoncé vendredi qu'il n'y avait pas d'accord entre ses services et les organisateurs de la mobilisation sociale de samedi sur le parcours du cortège parisien.
Intervenant devant la presse à l'issue d'une réunion avec les représentants des organisateurs (AG Interfac IDF, gilets jaunes, etc.), Patrice Faure a affirmé que ses services "travaillaient" à un accord "avec l'ensemble des requérants". Le désaccord porte sur le lieu d'arrivée de la manifestation, la préfecture de police refusant une arrivée dans le centre de Paris (Opéra, Concorde). La préfecture de police (PP) propose comme parcours alternatif de la place de la Bastille à la place de Clichy.
Selon les organisateurs, il y a seulement un accord avec la préfecture sur le lieu de départ, place de la Bastille à 14H00. Patrice Faure a défendu sa volonté de permettre "une déambulation en toute sécurité". A ses yeux, il appartient à la préfecture d'assurer la "sécurité des manifestants", de faire en sorte "que les manifestations ne soient pas émaillées de violence, de blessés dans les rangs des policiers et des manifestants".
"Il y a un accord de toutes les organisations sur le point de départ. Il y a un désaccord sur le point d'arrivée, donc c'est la préfecture qui prendra sa responsabilité s'il y a des manifestations spontanées, ou ce qu'ils appellent des manifestations sauvages", a réagi après cette déclaration David Libeskind, avocat de gilets jaunes, lors d'un point presse organisé devant la préfecture.
"Ce n'est pas juste un mouvement de gilets jaunes"
"Les manifestations qui se dirigent vers les lieux de pouvoir sont refusées, ce n'est pas normal", a déploré pour sa part Coppélia Moreau, du comité Ile-de-France de l'Interfac, appelant à une journée de mobilisation "massive". "Il faut rester organisé, structuré, uni face à ce gouvernement, face à la préfecture, face à la police qui veut nous désorganiser sans cesse", a jugé Eloïse Lefebvre Milon de l'Union étudiante.
Pour Ryad Rani, de l'Union syndicale lycéenne (USL), "la préfecture et le pouvoir tentent de museler cette jeunesse". "Ce n'est pas juste un mouvement de gilets jaunes, ce n'est pas juste un mouvement d'étudiants et de lycéens et de lycéennes, c'est le peuple tout entier qui est en train de se lever et c'est pour ça que le pouvoir a peur, c'est pour ça qu'ils ont tout fait pour nous diviser", a encore estimé Benjamin Ball, éditeur du site sur le 17 octobre, bloquons-Tout et marches du climat du 26 septembre.
La CGT, qui appelle aussi à rejoindre la mobilisation, espère que cette "communauté de revendications" pourra "s'exprimer ensemble", selon Karl Ghazi, secrétaire général de section parisienne. "Il y a des dissensions sur la fin de parcours, mais ce n'est pas l'essentiel. La CGT assurera un service d'ordre dans un cadre légal, autorisé", a-t-il assuré.