Invité de Christine Kelly et vous, Loïc Travers, secrétaire général adjoint d’Alliance Police nationale, revient sur la plainte du syndicat contre l’État pour "mise en danger de la vie d’autrui". Il dénonce des "injonctions contradictoires" dans le maintien de l’ordre et affirme que certains policiers ont été privés de moyens leur permettant de garder leurs distances avec les manifestants.
Alliance Police porte plainte contre l’État. Invité ce jeudi dans Christine Kelly et vous, Loïc Travers explique cette décision par les conditions dans lesquelles les policiers sont, selon lui, envoyés sur le terrain pendant les manifestations lycéennes. Le responsable syndical pointe notamment un décalage entre le discours tenu par le ministre de l’Intérieur et certaines consignes données aux forces de l’ordre.
"On a d’un côté un ministre de l’Intérieur qui fait le job", reconnaît Loïc Travers, évoquant un ministre "très présent", qui "soutient les forces avec un discours de fermeté". Mais sur le terrain, assure-t-il, la situation est différente. Alliance dit avoir constaté des "injonctions contradictoires".
"Des situations quasiment de corps à corps et de combat"
Selon Loïc Travers, des consignes sont notamment transmises aux policiers au moment des briefings ou des débriefings. Il affirme que les forces de l’ordre ont reçu pour instruction de ne pas utiliser certains moyens à leur disposition, citant notamment les moyens lacrymogènes et les lanceurs d’eau.
Or, ces équipements permettent aux policiers, explique-t-il, de "garder une certaine distance avec les émeutiers". "Tous les moyens qui permettent à mes collègues policiers et à mes collègues de terrain de garder une certaine distance avec les émeutiers, on les a fait fondre comme neige au soleil", dénonce le responsable d’Alliance.
Une situation qui aurait directement modifié les conditions d’intervention des policiers. "Ils se sont retrouvés dans des situations quasiment de corps à corps et de combat", affirme le syndicaliste. Une proximité qui aurait provoqué, selon lui, des "dommages collatéraux extrêmement graves", non seulement chez les policiers, mais également chez les étudiants et les lycéens.
Alliance assure disposer d’"exemples écrits"
Le syndicat cherche désormais à comprendre pourquoi les consignes appliquées sur le terrain auraient différé du discours de fermeté affiché par le gouvernement. Loïc Travers met notamment en cause des décisions de préfets et de directeurs qui auraient, selon lui, "assoupli des consignes" et retiré certains moyens aux policiers.
Alliance assure disposer d’éléments pour étayer ses accusations. "Nous, on a des exemples écrits, c’est pour ça qu’on est très à l’aise", affirme Loïc Travers, qui évoque également "des consignes orales et de nombreux témoignages". Il affirme notamment que des policiers ont eux-mêmes écrit pour demander à récupérer certains moyens avant de partir en mission.