La marine française a arraisonné lundi le pétrolier DF Peak, qui naviguait sous pavillon béninois et est soupçonné d'appartenir à la flotte fantôme russe. Le navire figure sur la liste des sanctions européennes et va être dérouté sous escorte, selon l'état-major des armées.
Un navire "suspecté de naviguer sous un faux pavillon", et "impliqué" dans un trafic "de transport de carburants", a été arraisonné lundi 12 par la marine française au "sud de la Réunion", a annoncé Emmanuel Macron.
"Ce matin, à plus de 450 nautiques au sud de La Réunion, notre Marine nationale a arraisonné le pétrolier DF Peak", a annoncé le chef de l'Etat sur X, montrant de brèves images d'une intervention, et assurant que "la France est déterminée à lutter contre la flotte fantôme", employant un terme utilisé pour désigner des navires utilisés par la Russie pour contourner les embargos occidentaux.
La France est déterminée à lutter contre la flotte fantôme, partout dans le monde. Ce matin, à plus de 450 nautiques au sud de La Réunion, notre Marine nationale a arraisonné le pétrolier DF Peak, suspecté de naviguer sous un faux pavillon et impliqué dans des activités illicites de transport de carburants. Cette action, conduite conformément au droit international de la mer, témoigne de notre détermination à faire respecter le droit et à lutter contre tous les trafics illicites, où qu’ils se produisent.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) October 12, 2026
Battant pavillon béninois, le DF Peak est un pétrolier figurant sur la liste de l'UE des navires placés sous sanctions, soupçonné d'appartenir à la flotte fantôme russe depuis le 25 juin 2024 alors qu'il s'appelait Kaliningrad.
"L'examen des documents par l'équipe de visite après sa montée à bord a confirmé les doutes quant à l'irrégularité du pavillon arboré", a pour sa part indiqué sur X l'état-major des armées françaises, précisant avoir procédé au "déroutement du navire sous escorte des moyens de la Marine nationale".
Un renforcement de la part de l'Union européenne de ses propres mesures contre la Russie
Plus de 700 navires sont actuellement inscrits sur la liste des sanctions européennes. Les navires soupçonnés de servir à la Russie pour exporter ses hydrocarbures malgré les sanctions américaines, britanniques ou européennes, changent parfois de nom ou de pavillon pour déjouer les contrôles.
L'annonce du président français intervient dans un contexte d'inquiétude des Européens sur l'avenir de la guerre en Ukraine, après des levées de sanctions et un accord sur le gazole russe entre Washington et Moscou.
Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi avoir négocié la livraison de quantités massives de gazole russe aux marchés américain et mondial, levant pour ce faire des sanctions qui pèsent sur Moscou, au grand dam du président ukrainien Volodymyr Zelensky qui a dénoncé une décision "indigne".
L'Union européenne a de son côté promis de continuer à renforcer ses propres mesures contre Moscou, et la cheffe de sa diplomatie, Kaja Kallas, a déclaré samedi que la levée de sanctions sur le gazole russe contribuait à alimenter la guerre menée par le Kremlin contre son voisin ukrainien.