Alors que le blocus des lycées doit se poursuivre ce mardi 13 octobre 2026, 63% des gardes à vue enregistrées à Paris depuis le début du mouvement concernent des mineurs. Pourtant, aucun n'a été condamné alors que certains s'en sont pris aux forces de l'ordre. Europe 1 vous explique pourquoi.
Depuis le début du blocus des lycées, plus de 6.800 manifestants ont été interpellés, dont une grande majorité de mineurs. Les profils sont très différents, mais un constat est pour le moins étonnant : à Paris aucun mineur n’a jusqu’à présent été condamné.
Les seules condamnations connues concernent des suspects qui sont majeurs. Entre travaux d’intérêt général et peines d’emprisonnement avec sursis, ces condamnations sont plutôt légères.
Les incarcérations réservées aux multirécidivistes
Pourtant, les poursuites étaient graves, notamment des violences contre des policiers. D’autres majeurs ont demandé des délais pour préparer leur défense et seront jugés dans les semaines qui viennent.
Mais pour les mineurs, aucune condamnation n’a été prise à Paris pour le moment. Sur les 273 gardes à vue enregistrées, 63% concernent des jeunes de moins de 18 ans. Pour eux, les parents ont été systématiquement convoqués.
L’absence de condamnation s’explique par l’absence d’antécédents : tous ces mineurs déférés avaient un casier judiciaire vierge. Et pour la plupart, ils n’avaient jusqu’à présent jamais été interpellés par les policiers.
C’était en quelque sorte leur première expérience avec l’institution policière et judiciaire. Ces profils échappent au logiciel de la justice, qui réserve les incarcérations aux faits très graves commis par les multirécidivistes.