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Carburants : les exportations de pétrole en forte hausse, pourtant les prix ne baissent pas à la pompe

Carburants : les exportations de pétrole en forte hausse, pourtant les prix ne baissent pas à la pompe (image d'illustration) [YASSER AL-ZAYYAT / AFP]

Malgré le conflit entre les États-Unis et l'Iran, le pétrole du Moyen-Orient coule à nouveau à flots. Selon les observations de la société Kpler, les approvisionnements venus de cette région ont dépassé leur moyenne d'avant crise, soit 18 millions de barils par jour à plusieurs reprises la semaine dernière. Et ce, malgré la menace permanente d'attaques qui pèse sur les navires. 

Les exportations de pétrole brut retrouvent leur niveau d'avant le déclenchement de la guerre entre les États-Unis et l'Iran qui a mené à la crise du détroit d'Ormuz. Une prouesse rendue possible par la présence des escortes américaines qui permettent aux pétroliers ayant le feu vert iranien de circuler dans le détroit. 

"Ça ne suffit pas à faire baisser les cours"

Mais aussi par la multiplication des voies de contournement. Une partie des pétroliers contourne le détroit d'Ormuz pour emprunter la mer Rouge. L'Irak écoule une partie de sa production de brut à l'aide de camions citernes qui approvisionnent les ports méditerranéens. 

L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis mobilisent leurs oléoducs respectifs qui relient les champs pétroliers à la mer Rouge et au golfe d'Oman. L'offre est donc plus abondante, ce qui pourrait détendre les marchés. Et pourtant, le cours du baril de brut reste perché autour de 100 dollars. 

"L'acheminement coûte cher, les critères de choix sur qui passe le détroit sont assez opaques, les primes de risques sont toujours élevées. Donc, pour l'instant, ce brut sort mais de manière très incertaine, donc ça ne suffit pas à faire baisser les cours", explique Nicolas Goldberg, expert énergies chez Columbus consulting. 

Les automobilistes, qui paient leurs carburants à des prix records, sont encore loin de voir le bout du tunnel. Et même si les cours finissaient par refluer, il faudrait encore compter deux semaines pour que la baisse se transmette à la pompe.