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Mouvement des lycéens : lors de son audition à l'Assemblée, Laurent Nuñez défend sa gestion du maintien de l'ordre

Mouvement des lycéens : lors de son audition à l'Assemblée, Laurent Nuñez défend sa gestion du maintien de l'ordre [Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Ce mercredi, le ministre de l'Intérieur était auditionné par la commission des lois de l'Assemblée nationale sur sa gestion du maintien de l'ordre face à la mobilisation des lycéens. Laurent Nuñez n'a pas parler de "répression policière". 

Laurent Nuñez a défendu pied à pied mercredi sa gestion du maintien de l'ordre dans le cadre du mouvement des lycéens, rejetant tout changement de doctrine, devant la commission des lois de l'Assemblée nationale.

Le président "n'a pas critiqué les forces de l'ordre"

Face aux députés, le ministre de l'Intérieur n'a concédé aucune erreur stratégique, jugeant notamment "excessif de parler de répression policière". Il a réfuté en outre que le président Emmanuel Macron ait critiqué mardi soir lors d'une réunion à l'Élysée, selon des informations de presse, l'action des forces de l'ordre, leur demandant de faire preuve "d'empathie".

"Le président n'a absolument pas dit cela (...). Il n'a pas critiqué les forces de l'ordre (...). Aucune instruction n'a été passée pour restreindre l'utilisation d'un certain nombre d'armes intermédiaires". En préambule, le ministre a donné un nouveau bilan depuis le 28 septembre: 6.629 interpellations, 761 policiers et gendarmes blessés, 215 élèves blessés, 89 personnels enseignant blessés.

Laurent Nuñez a mis exergue le fait que le mouvement actuel des lycéens était "inédit" par le nombre d'établissements concernés, par le nombre de participants" mais aussi "inédit parce qu'il a basculé assez rapidement dans des violences qui sont très graves".

"Quand il y a des violences, des dégradations, il y a intervention"

Pris entre deux feux - d'une part, la droite et l'extrême droite lui reprochant de ne pas en faire assez, et de l'autre, la gauche qui a réclamé sa démission estimant qu'il n'était que dans "la répression", Laurent Nuñez a répété à plusieurs reprises qu'il ne "réviserait pas le schéma national de maintien de l'ordre (SNMO)".

"Il n'y a pas d'intervention (des forces de l'ordre) quand ça se passe bien", a-t-il insisté. "Il n'y a pas de retenue dans le principe d'une intervention", a-t-il poursuivi. "Quand il y a des violences, des dégradations, il y a intervention, on applique la proportionnalité de l'action".

"La proportionnalité", a-t-il dit, "est appréciée en fonction du contexte et toujours après des sommations". De nouveau, il a fait valoir que le mouvement avait basculé à certains moments en "violences urbaines", en égrenant différents faits comme l'incendie du hall d'un lycée à Nantes ou celui d'un camion de marins-pompiers à Marseille, des pillages de commerces.

Interpellé sur la grave blessure d'un lycéen dont la main a été arrachée lundi à Lens par une grenade assourdissante, Laurent Nuñez l'a qualifiée "d'atteinte à l'intégrité physique très grave". Il a justifié sa décision de suspendre l'utilisation de cette grenade pour le mouvement lycéen, "le temps de comprendre mieux ce qu'il s'est passé". Mais aussitôt, il a rejeté l'abandon des armes intermédiaires (LBD, grenades, pistolets à impulsion électrique, etc).