Le budget 2027 entre en commission dès mercredi, sans majorité ni compromis en vue. Insoumis et Écologistes promettent la censure, les socialistes exigent une réécriture et le RN durcit le ton. Dans le même temps, le taux d'emprunt à 10 ans bat un record, ce qui met Matignon sous pression.
Les députés de la commission des finances s'emparent mercredi du volet fiscal du budget 2027, rendu par le gouvernement la semaine dernière. À coups d'amendements, ils peuvent le détricoter ou le muscler.
L'hémicycle prendra ensuite le relais le 13 octobre. L'exécutif veut ramener le déficit à 5% du PIB et faire voter le texte avant le 31 décembre, sans majorité et sans compromis en vue.
Des portes qui claquent à gauche comme à droite
Bercy assure que ce budget est négociable, selon le ministre de l'Économie, Roland Lescure. En face, l'opposition ne tend pas la main. Insoumis et Écologistes ont déjà promis la censure. Les socialistes, qui avaient épargné les deux précédents budgets, exigent une réécriture du texte. Sans cela, préviennent-ils, il ne passera qu'avec la bienveillance du Rassemblement national.
Or le RN durcit le ton. Jean-Philippe Tanguy qualifie le projet de budget de "pas sérieux, mensonger et insincère". Le camp gouvernemental n'est pas plus uni. Les LR sont vent debout contre la mise à contribution des retraités. Résultat, le texte fait l'unanimité contre lui.
Les marchés n'attendent pas les parlementaires
Le temps presse, car la crise financière se rapproche. Le taux d'emprunt à 10 ans atteint 4,99%, un record. À ce rythme, la charge de la dette rend déjà le budget 2027 intenable. Matignon dit redouter "l'image d'un pays instable".
À six mois de la présidentielle, la clé n'est plus entre les mains du gouvernement. Elle appartient aux partis et aux candidats.