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«Ils sont en train de tuer ma commune» : la colère des maires face à l'idée de réduire les dotations aux collectivités

[HL nguyonnet/ AFP]

Face à l'idée de réduire de plusieurs milliards d'euros les dotations aux collectivités territoriales dans le prochain budget de l'État, les maires s'indignent. Des élus en colère, notamment dans les communes où les budgets sont à l'équilibre et qui vont être pénalisés, malgré leur bonne gestion.

Après une dizaine de jours de débats décousus, les députés ont rejeté mercredi à l'unanimité le projet de budget de l'État pour 2027. Dans cette première copie, le gouvernement prévoyait des efforts de plusieurs milliards d'euros pour les collectivités territoriales, provoquant une levée de bouclier immédiate du côté des élus. 

Près d'Aix-en-Provence, à Simiane-Collongue, les affiches de la mairie sont claires : "Nos communes ne doivent pas être la variable d'ajustement d'un état défaillant". "Il y a une mauvaise gestion", du côté de l'Etat, insiste le maire LR Philippe Ardhuin. "Ils sont en train de tuer ma commune, et plus généralement, les communes bien gérées. Les budgets sont à l'équilibre", poursuit-il, expliquant que la ville applique une règle simple : "un euro de recettes, un euro de dépenses". 

"Mais actuellement (avec la proposition du gouvernement ndlr), je ne vois pas comme les maires vont pouvoir équilibrer un budget sans passer par l'impôt", regrette-t-il. 

"Je vois vraiment ma qualité de vie se dégrader"

Un seul levier disponible pour les maires : la taxe foncière. De quoi mécontenter les propriétaires. "C'est toujours la même chose, ce sont toujours les mêmes qui paient en fait. Il faut toujours mettre la main à la poche, il y a toujours des taxes. C'est insupportable", s'agace Audrey, qui habite la commune. 

"Je vois vraiment ma qualité de vie se dégrader", regrette-t-elle au micro d'Europe 1. Avec les coups de rabot et les chantiers en cours, comme la nouvelle école, le maire et sa première adjointe, Dominique Valois-Valéra, doivent désormais trouver un million d'euros. 

"On va donner la priorité à notre groupe scolaire. Mais je suis très inquiète. On va essayer de renier un petit peu partout où on peut le faire", confie l'adjointe. D'autant que l'augmentation des impôts et les économies ne suffiront peut-être pas à équilibrer le futur budget. Des investissements seront peut-être sacrifiés.