IDFM dénonce un prélèvement "inacceptable" de 90 millions d'euros sur son budget 2027, résultant d'un transfert de recettes de taxe de séjour vers la Société des Grands Projets. Valérie Pécresse menace de retarder l'ouverture de la ligne 18 du Grand Paris Express si cette perte n'est pas compensée.
Le projet de loi de finances 2027 est jugé "inacceptable" pour les transports franciliens qui se voient ponctionnés de 90 millions d'euros l'an prochain, après un transfert de recettes de taxes, a déclaré l'autorité organisatrice des Transports en Ile-de-France (IDFM).
La présidente d'IDFM Valérie Pécresse avait menacé mardi de retarder l'ouverture de prochaines lignes du métro automatique du Grand Paris Express si l'Etat prélevait 90 millions d'euros sur son budget 2027 pour les transférer à la Société des Grands Projets (SGP), elle-même chargée du chantier du Grand Paris Express.
Or l'article 42 du PLF 2027 "ramène la taxe additionnelle à la taxe de séjour affectée à IDFM de 200% à 145%, tandis que celle affectée à la SGP passe de 15% à 70%", indique vendredi l'organisme qui gère tous les transports publics pour les 12 millions de franciliens.
IDFM dénonce une perte de 90,2 millions d'euros
"Il s'agit donc d'un transfert pur de 55 points d'assiette identique, dont l'impact 2027 ressort à environ –90,2 millions d'euros pour IDFM", dénonce l'organisme.
"Cela nous est inacceptable car aucune compensation n'est offerte pour cette perte sèche", indique IDFM qui juge "hors de question de faire peser cette perte aux usagers en augmentant encore plus le prix du forfait" de transports mensuel ou annuel Navigo.
"Je ne sais pas voter un budget (...) avec 90 millions d'euros de trous dans la caisse", s'est offusquée mardi Mme Pécresse lors d'une conférence de presse, d'autant qu'elle n'a pas "le droit (...) de voter un budget en déséquilibre."
La présidente de la région a assuré qu'une telle baisse pourrait obliger à "repousser l'ouverture de nouvelles lignes du Grand Paris Express".
"Soit on n'ouvre pas la ligne 18", dont le premier tronçon doit normalement être mis en service avant la fin de l'année, "soit ce sera une baisse de recettes pour la SNCF et la RATP", a-t-elle prévenu.
L'Etat et IDFM avaient signé en 2023 un accord courant jusqu'en 2031 qui devait aider à financer le fonctionnement des nombreuses nouvelles lignes de métro prévues dans le Grand Paris Express.
Parmi les modalités de cet accord figurait la création d'une surtaxe de séjour, reversée à IDFM, sur laquelle porterait cette ponction, selon Mme Pécresse.
Cette taxe additionnelle de séjour s'est avérée plus lucrative: environ 245 millions d'euros par an en 2024 et 2025 contre 200 envisagés lors de la création de cette taxe, selon les comptes d'IDFM.