La désindexation des pensions tend à être plus coûteuse pour les ménages modestes que les autres pistes envisagées par le gouvernement pour répartir l'effort budgétaire sur les retraités, souligne ce lundi matin une étude.
La désindexation des pensions tend à être plus coûteuse pour les ménages modestes que les autres pistes envisagées pour faire contribuer les retraités au rééquilibrage des finances publiques, selon une étude de l'IPP (Institut des politiques publiques) publiée lundi.
L'étude paraît alors que le gouvernement s'apprête à présenter son projet de budget pour 2027 qui, selon les premiers éléments évoqués, comportera plusieurs milliards d'euros d'économies sur les dépenses liées aux retraités.
D'une manière générale, l'étude compare les effets pour les retraités dans trois scénarios, la désindexation des pensions, la suppression de l'abattement fiscal sur les retraites, ou bien l'alignement des taux CSG des retraités sur celui des actifs.
Des pertes "relatives"
Une désindexation totale "aurait l'effet le plus fort" financièrement, en rapportant 5,5 milliards d'euros aux finances publiques, en net, estime l'IPP. Mais elle "produit un effet anti-redistributif", en tendant à pénaliser relativement plus les retraités modestes.
"Les pertes relatives" de niveau de vie, sont "comprises entre 0,8% et 1,5%" dans la moitié de la population la moins aisée, et diminuent ensuite "jusqu'à 0,4%" pour les retraités les plus aisés, souligne l'étude.
Par comparaison, un alignement partiel des taux de CSG des retraités sur celui des actifs pourrait rapporter 4,2 milliards d'euros, en centrant les pertes de niveau de vie sur les classes moyennes, les plus modestes et les plus riches étant relativement épargnés.
Une désindexation efficace à partir d'un certain seuil
Quant à la suppression de l'abattement fiscal de 4.439 euros sur les retraites, le troisième scénario évoqué ces dernières semaines, elle rapporterait 5,4 milliards d'euros et "présenterait le profil le plus redistributif", selon ces travaux.
Dans ce scénario, en effet, les pertes relatives de niveau de vie iraient en augmentant avec le revenu, jusqu'au neuvième décile. En revanche, des "mesures d'atténuation" seraient nécessaires pour compenser un effet de bord sur le calcul des aides au logement des plus modestes, note l'étude.
L'étude évalue également un scénario où la désindexation des pensions ne serait effective qu'à partir de certains seuils de revenu (au-dessus de 1.639 euros - la médiane des pensions -, au-dessus de 2.000 euros, au-dessus de 3.000 euros). Dans ces hypothèses, "la redistributivité s'améliore avec le seuil, mais de façon imparfaite", estime l'étude.