À 20 ans, le cycliste français, Paul Seixas, vise le maillot arc-en-ciel, ce dimanche à Montréal (Canada) et le médaillé de bronze du contre-la-montre pourra compter sur sept équipiers entièrement dévoués à sa cause. Mais Remco Evenepoel, Isaac Del Toro et les autres outsiders ne comptent pas lui faciliter la vie.
"L’objectif, forcément, c’est de gagner dimanche". Paul Seixas veut rêver grand et il a raison d'y croire. Trois jours après sa médaille de bronze dans le contre-la-montre, le Français assure avoir déjà tourné la page. "Du moment que le chrono était terminé, je me suis focalisé sur la route. C’est normal, ça reste l’objectif principal", a déclaré le Français lors d'une interview accordée à l'AFP.
Sa troisième place confirme néanmoins son état de forme. À tout juste 20 ans, le 4e du dernier Tour de France se présente au départ avec le statut de leader incontesté des Bleus. "Avec la forme que j’ai en ce moment, et l’envie de l’équipe, ce serait une déception de faire autre chose", affirme-t-il au sujet d’une potentielle victoire ce dimanche.
Sept équipiers au service de Seixas
Thomas Voeckler a construit sa sélection autour de cette ambition de titre mondial. "Il n’y a pas de plan B", résume Nicolas Prodhomme, qui court déjà avec Paul Seixas chez Decathlon CMA CGM, tout comme Jordan Labrosse. Les deux hommes seront entourés de Bruno Armirail, Pavel Sivakov, Alex Baudin, Valentin Paret-Peintre et Jordan Jegat.
Tous connaissent leur rôle. "Si je dois rouler au kilomètre zéro, je le ferai. Je suis ici pour Paul", promet Pavel Sivakov. "On sait pourquoi on est là : pour Paul", confirme Valentin Paret-Peintre, prêt à se mettre "à 100 %" au service de son leader. Cette unanimité frappe d’autant plus que Paul Seixas aura pour coéquipiers des coureurs plus âgés et plus expérimentés que lui.
Pavel Sivakov mesure la progression du jeune Français depuis sa première sélection mondiale l’an dernier. "L’an passé, c’était un coureur qui découvre. Maintenant, il vient avec l’ambition de gagner", observe-t-il lors d'une interview donnée à la presse française. Lui qui côtoie Tadej Pogacar chez UAE distingue même une ressemblance entre les deux hommes. "Il me rappelle Tadej, quand on va rouler ensemble, il nous broie", raconte le coureur tricolore en rigolant.
Les Bleus vont vouloir durcir la course
Le parcours de Montréal compte 273,7 kilomètres et 3 803 mètres de dénivelé. Les coureurs répéteront notamment les difficultés du mont Royal avant une arrivée en faux plat montant. Un terrain sélectif, mais suffisamment ouvert pour laisser leur chance aux puncheurs comme aux spécialistes des classiques. Paul Seixas en est conscient. En fonction des scénarios, on peut se rapprocher plus d’un profil puncheur-grimpeur ou d’un profil puncheur-sprinteur", analyse le 4e du dernier Tour de France.
Pour favoriser son leader, l’équipe de France compte imposer un rythme élevé. Alex Baudin veut "rendre la course la plus dure possible" afin d’écarter, notamment, Mathieu van der Poel et Wout van Aert. Le Français aurait probablement intérêt à faire la différence avant le sprint. Isaac Del Toro l’a battu dans cet exercice lors du Grand Prix de Montréal, disputé sur le même circuit deux semaines plus tôt.
Paul Seixas refuse pourtant de se limiter à un seul scénario. "Arriver seul est ce qu’il y a de mieux parce que c’est le plus simple. Mais arriver avec un ou plusieurs coureurs peut aussi me convenir", assure-t-il, en rappelant que la vitesse de chacun sera différente après 270 kilomètres.
Remco Evenepoel, Isaac Del Toro et les spécialistes des classiques en embuscade
L’absence de Tadej Pogacar, double champion du monde en titre, ouvre la course. Elle ne laisse pas pour autant Paul Seixas sans adversaire de premier plan. Remco Evenepoel apparaît comme le favori le plus évident. Vainqueur du Grand Prix de Québec, puis sacré pour la quatrième fois consécutive sur le contre-la-montre mondial dimanche dernier, le Belge arrive en confiance sur un tracé qui lui convient. La Belgique pourra aussi jouer la carte de Wout van Aert, vice-champion du monde en 2020 et 2023.
Sa présence offre deux options à sa sélection, même si la façon dont les deux leaders partageront leurs ambitions constituera l’une des clés de la course. Isaac Del Toro, lui, possède déjà une référence directe face à Paul Seixas à Montréal. Le Mexicain de 22 ans a remporté le Grand Prix de Montréal devant le Français et pourrait profiter de l’attention portée aux grandes sélections pour se glisser dans le bon mouvement.
Mathieu van der Poel et Tom Pidcock complètent la liste des menaces majeures pour le Français. Le Néerlandais, champion du monde en 2023, affirme que le parcours est trop difficile pour lui, mais sa troisième place sur le tracé encore plus exigeant de Zurich en 2024 invite à la prudence. Pidcock a, de son côté, terminé quatrième à Québec et sixième à Montréal. Les États-Unis, l’Italie et l’Australie disposent également de collectifs capables de peser sur le déroulement de la course.