Tadej Pogačar sort du silence deux mois après sa lourde chute sur la Vuelta. Dans un entretien accordé à The Athletic, le quintuple vainqueur du Tour de France révèle que ses blessures étaient plus graves qu'annoncé et raconte les semaines très difficiles qui ont suivi l'accident.
Deux mois après sa terrible chute sur la Vuelta, Tadej Pogačar découvre l'ampleur réelle de ses blessures. Le Slovène se savait touché à la vertèbre C7. Un nouveau scanner, passé il y a deux semaines en Slovénie, a révélé que deux autres vertèbres, T1 et T2, étaient elles aussi cassées. Le champion de 28 ans l'a raconté à The Athletic, dans sa première interview depuis l'accident.
"Quand j'ai vu que j'avais trois vertèbres cassées, je me suis dit que j'étais juste content d'être en vie, ou simplement de tenir debout", confie le quintuple vainqueur du Tour de France. Il se dit aujourd'hui soulagé d'avoir renoncé aux championnats d'Europe, disputés le 4 octobre chez lui, en Slovénie. Il en avait pourtant fait son objectif de reprise.
"Je n'étais pas quelqu'un d'agréable"
Le 29 août, lors de la 8e étape entre Puçol et Xeraco, le porteur du maillot rouge a heurté un objet sur la chaussée, à une trentaine de kilomètres de l'arrivée. Il souffre alors d'une commotion cérébrale sévère, d'une fracture de la clavicule et d'une vertèbre brisée. Une fracture stable, qui demandait surtout du repos, mais dont il mesure désormais la gravité. "Si je tombe de nouveau à vélo maintenant, ça peut devenir très problématique", reconnaît-il, admettant que cela lui fait "un peu peur".
Les deux premières semaines ont été les plus dures. Vertiges, nausées, troubles de l'équilibre liés à la commotion... "Mentalement, je n'allais pas bien du tout. J'étais vraiment au fond", raconte le Slovène, qui avoue ne pas avoir été "quelqu'un d'agréable à côtoyer". Le déclic est venu avec la reprise des séances de kiné et du home trainer.
Un appel à renforcer la sécurité
Tadej Pogačar assure ne plus ressentir de gêne, même s'il doit encore éviter toute chute et les charges lourdes. Il a repris l'entraînement à Monaco, entre sorties à vélo, course à pied et natation, pour se construire une base solide pendant l'hiver.
Marqué par cette épreuve, il plaide pour une meilleure sécurité dans le peloton. Il réclame des routes mieux nettoyées, une signalisation renforcée et des arrivées sans virages, ralentisseurs ou ronds-points dans les derniers mètres. "Ce n'est certainement pas en mesurant les chaussettes et la largeur des guidons que l'UCI y arrivera", tacle-t-il.