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À la tribune de l'ONU, Emmanuel Macron appelle à «ne rien céder» à «l'esprit de défaite» et «l'abus de pouvoir»

Emmanuel Macron à la tribune des Nations unies. [Mehmet Eser / ANADOLU / Anadolu via AFP]

Le président de la République s'est exprimé depuis la tribune des Nations unies, réunies en Assemblée générale ce mardi 22 septembre. Dans son discours, il a cité les "empires qui menacent la souveraineté" des autres et "quelques-uns" qui voudraient "concentrer les richesses".

Le président français Emmanuel Macron a mis en garde mardi à la tribune de l'ONU contre le "retour de la loi de la jungle" dans le monde et appelé à se tenir "droit aux côtés des Nations unies" pour préserver une "société internationale civilisée". "Chacun décrit le retour de l'impérialisme, de l'arrogance, le retour à la force sans règle ni retenue, un monde au fond de concentration du pouvoir", a-t-il pointé lors de sa dernière intervention à l'Assemblée générale des Nations unies avant la fin de son mandat présidentielle.

Visant les États-Unis, la Russie ou la Chine, il a dénoncé "ceux qui pensent qu'on peut battre en brèche l'ordre international pour élargir ses frontières", "fouler aux pieds la souveraineté des peuples pour en disposer soi-même" et "décider de l'avenir de la planète, qu'il s'agisse du climat ou de l'intelligence artificielle".

La "loi de la jungle" ou la "société civilisée"

"La question qui nous est posée de manière très simple consiste à savoir si nous voulons vivre dans cet état de nature, avec une forme de retour de la loi de la jungle ou dans une société internationale civilisée", a martelé Emmanuel Macron.

"Notre devoir plus que jamais est de nous tenir droits aux côtés des Nations unies pour décider précisément ensemble de l'intérêt commun", a-t-il ajouté. "Là où la loi du plus fort tente de s'imposer, il nous faut défendre la justice, l'intérêt commun".

Dans le conflit ukrainien, le président français a plaidé en faveur d'un "double moratoire" sur les frappes contre les sites énergétiques en Russie et en Ukraine. Il a aussi appelé à "un moratoire sur la mer Noire qui permettra de libérer les céréales et d'apporter une réponse à la question de sécurité alimentaire ô combien cruciale pour tant de pays émergents et en développement".

Macron insiste pour bâtir une solution à deux États

Le président français, qui avait initié un mouvement de reconnaissance de l'État de Palestine à l'Assemblée générale de l'ONU en 2025, a déploré un an plus tard "un spectacle qui nous fait honte à tous" à Gaza. "Quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza ?", a-t-il lancé, soulignant que bâtir une solution à deux États était la condition de la "sécurité d'aujourd'hui et de demain pour Israël et son peuple".

Sur l'IA, il a exhorté tous les États "attachés à leur indépendance" à développer une intelligence artificielle (IA) alternative afin de ne dépendre ni des Etats-Unis, ni de la Chine.

"Il faut que "cette coalition des indépendants (...) qui ne veulent pas devenir les vassaux de l'un ou l'autre des deux grandes puissances mondiales se mettent ensemble pour développer un modèle frontière 'open source' (IA de pointe accessible à tous, NDLR) en mutualisant les capacités de calcul qui sont à leur disposition, en mutualisant leurs capacités d'investissement (pour créer une IA) que nous partagerions", a-t-il déclaré.

Le président français a appelé au final à "ne rien céder" à "l'esprit de défaite" et "l'abus de pouvoir" et à redonner aux Nations unies leur "vitalité" pour enrayer une "lente division du monde".