Une quinzaine de coups de feu ont été tirés en direction de la clinique privée d’Annemasse dans la nuit de lundi à mardi. Selon les informations d’Europe 1, plusieurs balles ont traversé les vitres du bâtiment hospitalier. Le député UDR de Haute-Savoie Antoine Valentin dénonce une montée en puissance de l’insécurité dans certains quartiers de la ville sur fond de trafic de stupéfiants.
Annemasse a de nouveau été le théâtre d’une fusillade à l’arme lourde. Selon les informations d’Europe 1, dans la nuit de lundi à mardi, une quinzaine de coups de feu ont été échangés à proximité d’une clinique privée de la commune. Le bâtiment hospitalier a été touché.
Au moins cinq impacts de balles ont été constatés sur la façade du bâtiment et deux projectiles ont traversé des vitres de l’établissement. Aucun blessé n’a toutefois été recensé. Cette nouvelle flambée de violence intervient dans un contexte particulièrement tendu.
Le narcotrafic au cœur d’une guerre de territoire
Quelques jours avant les tirs, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montrait six hommes armés, certains munis de fusils de type Kalachnikov, posant devant des produits stupéfiants. Les protagonistes y menaçaient leurs rivaux, mais aussi les habitants du quartier, affirmant vouloir contrôler l’identité de toute personne passant devant leur point de deal.
Cette fusillade survient moins de deux semaines après un autre épisode meurtrier. Dans la nuit du 6 au 7 septembre dernier, des coups de feu avaient éclaté dans le quartier du Perrier. Un homme de 25 ans avait été retrouvé grièvement blessé par balles, avant de décédé le lendemain à l’hôpital. Le procureur de Thonon-les-Bains, Xavier Goux-Thiercelin, avait annoncé l’ouverture d’une enquête pour homicide volontaire, confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) d’Annecy.
"Il y a urgence"
Cette succession d’épisodes inquiète Antoine Valentin, député UDR de la 3e circonscription de Haute-Savoie. L’élu appelle directement le ministère de l’Intérieur à réagir. "C’est particulièrement inquiétant. J’en appelle au ministère de l’Intérieur qui avait été si prompt à déployer les blindés face aux agriculteurs pourtant dépourvus d’armes et pacifistes. Je ne doute pas qu’il fera de même pour des dealers armés d’armes de guerre qui menacent la population", déclare-t-il.
Le député dénonce plus largement ce qu’il considère comme une dégradation profonde de la situation à Annemasse. Il met en cause "50 ans de socialisme et dix années de macronisme", estimant que la ville, qui "aurait dû être le Neuilly de Genève", serait désormais confrontée à des problématiques comparables à celles de certains quartiers des grandes métropoles. "Certains quartiers de la ville sont devenus des zones de non-droit", affirme-t-il au micro d’Europe 1.