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Budget 2027 : Amélie de Montchalin, première présidente de la Cour des comptes, appelle à agir vite face au poids de la dette

Figure du macronisme depuis 2017, députée puis plusieurs fois ministre sous Emmanuel Macron, elle était encore chargée des Comptes publics jusqu’en février dernier. [Valentin Faivre / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

À quelques jours de la présentation du budget 2027, Amélie de Montchalin alerte sur l’aggravation de la situation des finances publiques. La première présidente de la Cour des comptes appelle les responsables politiques à agir rapidement face au poids croissant des intérêts de la dette.

"Chaque mois d’inaction aggrave l’asphyxie financière." L’avertissement est signé Amélie de Montchalin. La première présidente de la Cour des comptes sort de sa réserve, à quelques jours de la présentation du budget 2027. Elle décrit une France de plus en plus contrainte par sa dette et appelle les responsables politiques à agir vite. Avec un paradoxe : elle connaît particulièrement bien cette situation.

Près de 80 milliards d’euros cette année, potentiellement 100 milliards en 2030. Et uniquement pour payer les intérêts de la dette. Pour Amélie de Montchalin, c’est désormais une question de souveraineté : plus cette facture augmente, moins la France peut choisir où investir son argent.

La crise n’est pas inévitable

Et pour la payer, prévient-elle, pas de solution miracle : il faudra réduire les dépenses publiques ou augmenter les impôts. La crise n’est pas inévitable, insiste la présidente de la Cour des comptes. Mais il faut agir vite. Chaque mois perdu coûte davantage. Et sans budget au 31 décembre, Bercy estime la facture supplémentaire à une quinzaine de milliards d’euros.

Un avertissement qui prend un relief particulier venant d’Amélie de Montchalin. Figure du macronisme depuis 2017, députée puis plusieurs fois ministre sous Emmanuel Macron, elle était encore chargée des Comptes publics jusqu’en février dernier.

À l’époque, elle défendait le sérieux du budget et la méthode du gouvernement pour réduire le déficit. Elle alerte donc aujourd’hui sur une dérive des finances publiques qu’elle connaît aussi de l’intérieur.