Alors que le prix du gasoil atteint 2,41 euros le litre en moyenne en France, les professionnels du transport voient leurs marges se réduire. Les chauffeurs de taxi, pour la plupart exclus de la prime de 100 euros, attendent désormais les annonces de Sébastien Lecornu.
Les carburants sont toujours plus chers en France, notamment le gasoil, avec 2,41 euros le litre relevés en moyenne à la pompe ce dimanche. Et une conséquence immédiate : les marges s'effondrent pour tous les professionnels du transport, chauffeurs de taxi en tête, qui s'en remettent désormais au Premier ministre Sébastien Lecornu, attendu lundi avec de nouvelles annonces.
"On est pris un peu pour des idiots"
"On se serre la ceinture comme tout le monde." Au volant de sa berline, Mohamed, chauffeur depuis 17 ans, ne s'y retrouve plus. Il effectue deux pleins par semaine, une dépense à laquelle il ne peut pas renoncer. "Quand le gasoil était à 1,50 euro, j'en avais à peu près pour 85 euros pour faire mon plein. Aujourd'hui, c'est 140 euros. On est pris un peu pour des idiots. On est bien obligés de se nourrir, payer nos loyers, nos crédits", déplore-t-il.
Une prime de 100 euros existe pour les gros rouleurs, mais les chauffeurs de taxi n'y sont pour la plupart pas éligibles. Seuls ceux qui touchent moins de 16.880 euros par an y ont droit. Un sentiment de ne pas être entendu, partagé par Bernard Crebassa, président de la Fédération nationale des artisans du taxi.
"Ça fait très longtemps qu'on se sent abandonnés. Ce que nous souhaiterions, nous, immédiatement, c'est le gel de la taxe CEE, la taxe européenne sur le carburant. Il est inutile de revaloriser nos tarifs. Faire du taxi plus cher pour que personne ne monte dedans, ça ne sert à rien. Les mois à venir vont être très compliqués. Je ne suis pas certain que les entreprises tiennent le coup", s'inquiète-t-il.
Les artisans taxi attendent les annonces de l'exécutif la semaine prochaine. Sans mesure forte, ils prévoient déjà une nouvelle mobilisation.