Face aux candidats à sa succession, Emmanuel Macron a maintenu son cap : pas de blocage des prix et des aides toujours plus ciblées. Mais ses explications n'ont pas convaincu les prétendants à l'Élysée qui en demandent beaucoup plus au chef de l'État.
De la guerre en Ukraine au blocage du détroit d'Ormuz, Emmanuel Macron s'est défendu de toute responsabilité sur la crise des carburants et renvoie la faute au contexte international très tendu, à l'issue d'une réunion à l'Élysée ce vendredi avec les chefs de partis et candidats à l'élection présidentielle de 2027.
Le chef de l'État veut "traiter les causes de la hausse des prix avant de dépenser le maximum d'argent" et refuse de baisser les taxes ou de bloquer les prix. De quoi agacer ses opposants. Face à la nouvelle flambée des carburants, chacun défend sa solution miracle.
"On va se retrouver dans une situation qui va être absolument explosive"
D'un côté, la droite veut baisser les taxes avec la suppression des CEE. Bruno Retailleau espère une réduction de 17 centimes par litre d'essence pendant qu'Éric Zemmour et Marine Le Pen s'attaquent à la TVA.
"À partir d'un certain niveau de coût des carburants, les gens vont arrêter de consommer du carburant et la baisse de consommation du carburant va entraîner des baisses massives de recettes pour l'État. Donc les économies qu'ils veulent en réalité faire en laissant souffrir les Français, ils ne les feront pas", fustige la candidate Rassemblement national à la présidentielle 2027.
À gauche, les socialistes et les écologistes continuent de pointer la responsabilité des compagnies pétrolières, alors qu'à la sortie de l'Elysée. Manuel Bompard, de La France insoumise plaide pour des solutions plus radicales : "S'il n'y a pas de mesures publiques qui sont mises en place pour bloquer les prix, pour encadrer les marges, pour augmenter les salaires, on va se retrouver dans une situation qui va être absolument explosive".
Entre ces deux lignes, le bloc central persiste dans le "en même temps" : pas de baisse des taxes, mais des subventions ciblées, réservées à certaines professions. Une réponse jugée insuffisante sur le terrain, alors que le gazole vient de battre un nouveau record à 2,40 euros le litre en moyenne.