L'ancien Premier ministre souhaite estime que l'Europe des Vingt-Sept avance avec "des boulets aux pieds" et appelle à une fusion économique et écologique avec un noyau dur de pays européens. L'idée, à l'étude depuis six mois avec ses alliés, est qualifié de "projet d'un siècle" par le candidat à l'élection présidentielle 2027.
Face à la concurrence féroce de la Chine et des États-Unis, le candidat à la présidentielle Gabriel Attal a développé jeudi sa vision offensive du futur européen, en défendant la "fusion" des économies d'un noyau dur de pays, le "projet d'une génération". "Je le dis avec force : l'Europe actuelle, à 27, a atteint ses limites. Nous ne pourrons pas aller plus loin dans le système actuel", a-t-il déclaré depuis Reims, ce jeudi 17 septembre.
Je propose de bâtir les États-Unis d’Europe. pic.twitter.com/c7IthwjXhp
— Gabriel Attal (@GabrielAttal) September 17, 2026
"Je suis candidat pour proposer le projet d'une génération, d'un siècle", a poursuivi Gabriel Attal. "Face aux puissances américaine, chinoise et russe, je suis convaincu que les États-Unis d'Europe sont notre chance."
Inspiration Victor Hugo
Le terme n'est pas nouveau : on le doit à Victor Hugo, à qui Gabriel Attal a rendu hommage dans son discours, s'inscrivant dans une histoire européenne allant jusqu'à Emmanuel Macron, dont il a salué l'action. Mais l'Europe avance actuellement avec "des boulets aux pieds", a-t-il martelé, citant la concurrence que se font les États européens entre eux, ou encore "des circuits de financement qui restent fragmentés".
"Ce que je propose, ce n'est évidemment pas la création d'un pays unique, c'est une fusion économique et écologique d'abord entre un noyau dur de pays européens", a détaillé le secrétaire général de Renaissance. S'il n'a pas précisé combien de pays seraient concernés - "peu importe le nombre" - il a dit vouloir instaurer ces "États-Unis d'Europe" en faisant "le premier référendum européen, c'est-à-dire une consultation simultanée dans tous les pays qui auront vocation à les intégrer".
Dans cette organisation, un président y serait élu au suffrage universel et un parlement regrouperait les députés européens déjà élus des Etats membres.
Un "traité fondateur de prospérité économique et d'urgence écologique"
Assumant un "fédéralisme économique, technologique et écologique", il a précisé que "les compétences régaliennes resteraient à la main des États". Mais au sein de ces "États-Unis d'Europe", il a plaidé pour "la disparition totale des frontières économiques". Cela équivaut concrètement à "la convergence des taux de tous nos impôts et taxes", "la création d'un droit du travail commun", "de géants bancaires et des télécoms", ou encore "l'émission de dette commune", a-t-il par exemple énuméré.
Un tel projet peut voir le jour "en très peu de temps" selon lui. Gabriel Attal entend faire du sujet européen un marqueur fort et un élément distinctif de sa campagne, notamment face à la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen et à l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon.
À la préférence nationale de la candidate RN, il a opposé une "préférence européenne". Et à "la vision étriquée" des "écorégions" de Jean-Luc Mélenchon, il a proposé celle de l'"écocontinent". "Nous ne répondrons pas à un problème mondial par une réponse régionale", a-t-il taclé.
Comme président, il promet ainsi d'aller convaincre les dirigeants européens de signer un "traité fondateur de prospérité économique et d'urgence écologique", qui devra poser les bases de ces "États-Unis d'Europe". Ce "noyau dur" de pays partirait ensuite "à la conquête des frontières technologiques qui feront la prospérité au XXIe siècle" : intelligence artificielle, énergie décarbonée, vaccin contre le cancer, ou encore conquête spatiale, a-t-il énuméré depuis les locaux de l'entreprise Latitude, start-up française spécialisée en aérospatiale.
Un projet déjà à l'étude depuis six mois
Ce projet, travaillé depuis six mois selon son équipe, émane d'une tournée européenne réalisée en mars. Ont participé à son élaboration la députée européenne et présidente du groupe Renew Europe Valérie Hayer, et le président de la commission des affaires européennes à l'Assemblée nationale Pieyre-Alexandre Anglade.
Quels soutiens à l'international pour cette idée ? L'équipe de Gabriel Attal assure qu'il a de "multiples contacts" dans de nombreux pays, et promet "dans les prochains jours" une tribune cosignée par plusieurs dizaines de personnalités politiques, notamment des parlementaires européens.
Il espère ainsi imposer dans le débat un thème sur lequel Edouard Philippe est pour le moment discret, tandis que Raphaël Glucksmann, candidat dans le cadre d'une primaire à gauche, a construit son ambition présidentielle depuis le Parlement européen.