Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

EXCLU EUROPE 1 - Sonia, mère d'une fillette de 6 ans agressée dans le périscolaire : «Nous nous sommes battus seuls»

Au lendemain de la condamnation d'un animateur scolaire pour des agressions sur plusieurs fillettes à Paris, Sonia a livré un témoignage poignant sur Europe 1. Si elle salue la décision de justice, cette mère d'une fillette de 6 ans, elle-même agressée par cet animateur, dit surtout retenir le sentiment d'abandon qui a suivi son signalement. 

Un soulagement. Ce mardi, un animateur du périscolaire parisien a été condamné a été condamné à cinq ans de prison dont un ferme pour des agressions sexuelles commises sur neuf enfants, dont la fille de Sonia, âgée de 6 ans. Lorsque cette dernière lui révèle avoir été touchée à deux reprises par un animateur du périscolaire dans un établissement du 15e arrondissement, sa maman réagit immédiatement. Après avoir alerté l'établissement, elle espère être accompagnée dans ses démarches mais selon son témoignage livrée ce mercredi matin au micro de Dimitri Pavlenko dans Europe 1 matin, la réponse de l'institution est tout autre.

"Très honnêtement j'ai reçu aucun soutien de la part de l'école", affirme-t-elle. La mère raconte avoir rapidement compris qu'elle devrait trouver seule des solutions pour protéger son enfant. Face à la présence maintenue de l'animateur dans la structure, elle décide de retirer sa fille de l'établissement. Sonia rapporte également que la directrice lui aurait indiqué que l'instruction était obligatoire lorsqu'elle avait annoncé qu'elle ne remettrait plus son enfant à l'école tant que l'animateur continuerait d'y travailler. 

"La colère, beaucoup de colère"

Ce sentiment d'isolement se renforce encore lors de ses échanges avec les services de la Ville de Paris. Convoquée par la direction des affaires scolaires, elle assure qu'on lui a principalement demandé "d'arrêter de diffuser ça sur les réseaux sociaux".

Deux ans et demi après le début de l'affaire, l'émotion reste intacte. "La colère, beaucoup de colère, de la tristesse aussi en même temps. De l'angoisse aussi", confie-t-elle. Interrogée sur ce qui lui a le plus manqué durant cette période, sa réponse est immédiate : "Du soutien". Si une cellule psychologique a bien été mise en place pour des enfants, Sonia affirme que sa famille n'y a pas été associée. “On n'a pas été conviés nous à cette cellule-là, donc on a été seul.” Une solitude résumée par cette phrase qui donne son titre à son témoignage : "Je me suis battu seule avec mon conjoint pour mon enfant".