À quinze jours de la présentation du budget 2027, Sébastien Lecornu cherche toujours comment trouver près de 30 milliards d’euros d’économies. Si tout le monde s’accorde sur l’urgence de réduire le déficit, les solutions divisent profondément les oppositions.
Politiquement, tout le monde s’accorde sur l’urgence de réduire le déficit. Mais dès qu’il s’agit de choisir les solutions, les divisions réapparaissent. La gauche veut davantage taxer les plus riches, la droite veut couper dans les dépenses publiques, et au milieu, Sébastien Lecornu doit construire un budget capable de survivre à l’épreuve de l’Assemblée nationale.
C’est toute l’équation du Premier ministre : trouver près de 30 milliards d’euros sans perdre les voix dont le gouvernement a besoin pour éviter la censure. Le projet de budget 2027 doit être présenté à la fin du mois de septembre, mais les arbitrages restent particulièrement délicats. Sébastien Lecornu veut faire porter l’essentiel de l’effort sur les dépenses.
Le Rassemblement national en fait lui aussi une ligne rouge
Mais dès qu’il cherche à couper, les lignes rouges apparaissent. Faire contribuer davantage les retraités ? La gauche refuse, et le Rassemblement national en fait lui aussi une ligne rouge. Réduire davantage les dépenses sociales ? Là encore, la gauche dit non. Faut-il alors chercher de nouvelles recettes ? C’est ce que réclame une partie de la gauche, en plaidant pour une taxation plus forte des hauts patrimoines et des grandes entreprises.
Mais cette fois, ce sont la droite et le Rassemblement national qui ferment la porte à toute nouvelle hausse d’impôts. Sébastien Lecornu se retrouve donc pris en étau. S’il coupe davantage dans les dépenses, il risque de perdre la gauche. S’il taxe davantage, il braque la droite et le RN.
Et s’il touche aux retraités, il prend le risque de mécontenter presque tout le monde. Le dossier est d’autant plus sensible que le gouvernement ne dispose pas d’une majorité suffisamment solide pour imposer facilement son texte. Chaque mesure peut devenir un motif de blocage, voire de censure, dans une Assemblée nationale fragmentée.
À quinze jours de la présentation du budget, les 30 milliards d’euros d’effort sont donc encore loin d’être trouvés. Sébastien Lecornu doit désormais réussir un exercice d’équilibriste : réduire le déficit sans provoquer une crise politique majeure.