Face au défi de l'adoption du budget, le gouvernement adopte une stratégie singulière, celle de dramatiser les contraintes budgétaires afin d'éviter la censure. Le projet de budget doit être présenté à l'Assemblée nationale le 30 septembre prochain par l'exécutif.
Ce lundi 14 septembre signe le début d'une semaine de consultations sur le budget 2027. Sébastien Lecornu reçoit ce lundi soir les chefs du groupe du bloc central, puis réunira l'ensemble des ministres jeudi. Le projet de budget doit être dévoilé le 30 septembre prochain, avec à la clé, 30 milliards d'euros d'économies. Sans majorité, le gouvernement devra convaincre les oppositions pour espérer son adoption.
Bercy serait à la recherche d'au moins six milliards d'euros d'économies sur les pensions de retraite. Un chiffre qui fait bondir le LR François-Xavier Bellamy, après la suspension de la réforme des retraites.
Toucher aux retraites : une ligne rouge pour le RN
"Aujourd'hui, ces 6 milliards d'euros, le gouvernement veut les chercher dans la poche des retraités. Il va falloir que la France entière fasse des efforts pour assumer la muraille budgétaire qui est devant nous", a exprimé l'eurodéputé. "On voit bien l'absurdité, le renoncement, le manque de courage. D'une certaine façon, toutes les recettes socialistes qui ont appauvri le pays se payent aujourd'hui", a-t-il poursuivi.
Pour LR, les renoncements d'hier présentent donc aujourd'hui la facture, et pour le RN, les retraités sont une ligne rouge. Marine Le Pen peut tolérer un budget "imparfait" plutôt qu'une loi spéciale, mais pas de désindexation, pas de sous-indexation des pensions, ni de remise en cause de l'abattement fiscal de 10%.
La non-censure a même désormais une autre condition : que Sébastien Lecornu ne conclut aucun accord sur le futur budget européen avant la présidentielle. Le gouvernement négocie donc son budget français jusque sur le terrain européen.