Après la hausse des prix à la pompe, le fioul domestique pèse aussi sur le budget des ménages. À l’approche de l’hiver, certains propriétaires de chaudières au fioul renoncent à remplir entièrement leur cuve et commandent de plus petites quantités.
Après avoir rempli leur réservoir d’essence au prix fort, de nombreux Français se demandent désormais comment ils vont remplir leur cuve de fioul. Plus de deux millions de foyers sont concernés par ce mode de chauffage. Et là aussi, les prix explosent, au moment où les ménages commencent à préparer l’hiver.
Dans la région de Lyon, les propriétaires de chaudières au fioul font particulièrement attention à leur porte-monnaie. En temps normal, Pierre remplit sa cuve de 2.000 litres à chaque rentrée, afin d’être tranquille lorsque le froid arrive, fin septembre ou début octobre. Mais cette année, il a changé ses habitudes.
Le camion-citerne est bien passé la semaine dernière, mais Pierre a commandé beaucoup moins de fioul que d’habitude. "Là, je fais rentrer un minimum, 500 litres. C’est pour m’assurer de ne pas me trouver en rupture", explique-t-il. Le consommateur espère encore une baisse des prix, même s’il n’y croit plus vraiment.
"On va y aller par petites quantités"
"J’attends que les prix baissent, mais je suis bien conscient aujourd’hui que ce ne sera pas le cas. Donc effectivement, on va y aller par petites quantités", poursuit-il. Malgré cette commande limitée, la facture reste lourde : 850 euros pour Pierre. Il y a huit jours, le litre de fioul domestique affichait 1,65 euro, contre 1,08 euro l’an dernier à la même période.
Pour les ménages, le calcul est vite fait. Cette prudence des consommateurs se ressent directement chez les livreurs de fioul. Maxime Tartavel, patron de Tartavel Énergies, constate un net ralentissement des commandes. "On est à un net recul des commandes de fioul domestique", explique-t-il.
Selon lui, les clients hésitent davantage avant de remplir leur cuve. Certains repoussent leur commande à plus tard, d’autres réduisent fortement les volumes. "Le client va prendre 500 litres pour commencer sa saison, au lieu de faire son plein de 1.000 ou 1.500 litres comme il le faisait habituellement pour être tranquille pour l’hiver", détaille-t-il. Une situation qui inquiète aussi les professionnels du secteur.
"On peut avoir quand même certaines inquiétudes sur notre entreprise, c’est évident", reconnaît Maxime Tartavel. D’autant que les prix continuent d’augmenter. En une semaine, le litre de fioul a pris environ dix centimes. Pour un plein de 1.000 litres, cela représente déjà 100 euros de plus sur la facture.