Face aux prix pratiqués à la pompe, de nombreux automobilistes font désormais le choix de ne plus remplir leur réservoir au complet. À Lyon, beaucoup avouent laisser l'aspect psychologique les convaincre face à des prix devenus délirants.
Un litre de diesel et d'essence à plus de 2 euros et des automobilistes qui se serrent la ceinture. La reprise de la guerre au Moyen-Orient et les attaques ukrainiennes contre des raffineries russes tendent les marchés. Résultat, le baril de pétrole se négocie de nouveau au-dessus de 100 dollars.
Malgré les prix pratiqués à la pompe, le gouvernement refuse toute baisse de taxes. Alors, près de Lyon, certains conducteurs font le choix de ne plus faire systématiquement le plein lors de leurs passages en station.
Maya fait très attention aux chiffres qui défilent sur la pompe à essence. Pas question pour cette jeune infirmière de dépasser un certain montant. "Je ne mets que 20 euros à chaque fois", confie-t-elle au micro d'Europe 1. "Je ne fais plus le plein. Je ne sais pas, psychologiquement, je préfère mettre seulement 20 euros plusieurs fois plutôt que 100 euros en une fois", poursuit la Lyonnaise.
"C'est moins cher chez Total"
"Psychologiquement, faire le plein, ça fait trop mal" résume-t-elle. Une stratégie peut-être plus psychologique qu'efficace, car à force de ne pas beaucoup remplir le réservoir, Mounir se retrouve à sec. "Ma voiture est en panne. Donc, je viens remplir un bidon mais c'est trop cher", souligne-t-il, assurant ne remplir qu'à moitié son réservoir désormais.
Un peu plus loin, Chantal fait la queue devant une station TotalEnergies pour payer un peu moins cher. "Je viens là parce que c'est moins cher chez Total", résume la retraitée.
Eliane, elle, essaye de moins rouler. Et quand il faut mettre un peu d'essence dans le réservoir, elle a sa botte secrète. "J'ai une application où je vois les prix des stations pour trouver les moins chères". Des automobilistes qui utilisent donc toutes les astuces possibles pour se soulager l'esprit, face à des prix bien trop élevés depuis bien trop longtemps.