Durant l'été, le Rassemblement national a annoncé vouloir, en cas de prise de pouvoir, "sanctionner le port du voile" islamique par "une amende". Une proposition irréaliste selon Robert Ménard, maire DVD de Béziers (Hérault), qui estime que "personne ne le fera".
La proposition avait fait grand bruit en ce début de campagne présidentielle. Durant une interview sur BFMTV à la fin du mois d'août, le député Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy avait annoncé que le parti, s'il remportait l'élection présidentielle, proposera "une amende" pour "sanctionner le port du voile" islamique dans l'espace public.
Une idée qui semble inapplicable pour Robert Ménard, maire DVD de Béziers (Hérault) : "comment tu l'enlèves ? Il m'est arrivé quelques fois de croiser des jeunes femmes qui étaient entièrement voilées et de leur demander de l'enlever. Vous savez ce que c'est de parler pendant 20 minutes avec elles ? Dans certains quartiers de ma ville, il y a 70% des femmes qui sont voilées, vous allez toutes leur dire ?", a-t-il interrogé, au micro de Laurence Ferrari, dans La Grande interview Europe 1-Cnews.
"Personne ne le fera, c'est un mensonge éhonté"
Le premier édile va plus loin, en soutenant que ce débat public "fait le jeu des islamistes" : "c'est du pain béni", a-t-il souligné.
Interrogé sur les mesures possibles pour lutter contre le port du voile dans l'espace public, Robert Ménard propose ainsi de "l'interdire à la fac", puisqu'il s'agit d'un "lieu déterminé". Il souhaite également apposer une limite d'âge minimum. "Je me dis peut-être qu'on pourrait dire en dessous de 13 ans. Pourquoi ce choix ? Avant 13 ans, tu ne vas pas en prison puisque tu n'es pas capable d'avoir ton propre jugement", a-t-il ainsi justifié.
Il a également jugé que la proposition était irréaliste d'un point de vue strictement administratif. "Pourquoi on fait croire des choses qu'on ne fera pas ? Parce que personne ne le fera, je vous le dis, c'est un mensonge éhonté. Il faut qu'on arrête, une fois de plus, de prendre les gens pour des pingouins", a-t-il conclu.