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11-Septembre : des documents révèlent l'ampleur de la pollution à l'amiante provoquée par l'attentat

Des traces d'amiante ont été détectées jusqu'à 800 mètres du site, dix mois après les attentats. [© STAN HONDA / AFP]

Vingt-cinq ans après le 11-Septembre, la mairie de New York rend public plus de 170.000 pages de documents longtemps cachés, révélant l'ampleur de la contamination à l'amiante autour de Ground Zero. Ces archives renforcent l'idée que les habitants ont été renvoyés trop tôt dans le secteur, malgré les assurances des autorités sur la sécurité de l'air.

Vingt-cinq ans après les attentats du 11-Septembre, la mairie de New York a rendu public des documents inédits révélant l'ampleur de la contamination à l'amiante à Lower Manhattan dans les mois qui ont suivi la chute des tours jumelles, alors que les autorités assuraient à l'époque que l'air était sûr à respirer.

Plus de 170.000 pages restées cachées pendant vingt ans

Selon ces documents consultés par le New York Times, des traces d'amiante ont été détectées jusqu'à 800 mètres du site, dix mois après les attentats. Ces archives, plus de 170.000 pages de rapports et de correspondances entre responsables municipaux, étaient conservées dans 68 cartons, à l'abri des regards depuis plus de vingt ans, et n'auraient été redécouvertes que l'an dernier.

Le maire Zohran Mamdani a demandé leur publication en ligne, programmée pour coïncider avec la commémoration du 25e anniversaire des attentats. Son administration prévoit, dans l'année à venir, d'examiner et de divulguer de nombreux autres documents relatifs aux substances toxiques liées au 11-Septembre. "Le strict minimum que notre ville doit aux familles, aux survivants et aux premiers intervenants, c'est la transparence", a-t-il déclaré.

Des habitants renvoyés trop tôt chez eux

Ces documents, bien que partiels, renforcent l'idée que les New-Yorkais ont été invités à revenir dans le secteur avant qu'il ne soit réellement sécurisé. Leur publication met fin à une procédure judiciaire engagée par l'association 9/11 Health Watch. Son directeur, Ben Chevat, estime qu'ils démontrent que la ville avait connaissance du danger, "alors même que les responsables municipaux continuaient d'affirmer publiquement que l'air était "sûr et acceptable"". 

Le Fonds d'indemnisation des victimes et le programme de santé du World Trade Center estiment que davantage de personnes sont mortes de maladies liées aux attentats que le jour même, où 2.753 personnes avaient péri.

Amiante, benzène : des taux préoccupants

Les archives relatives au 15 John Street, immeuble proche du World Trade Center, illustrent une décontamination chaotique : présence d'amiante sur la façade, le toit, le câblage, avec des niveaux parfois supérieurs aux seuils réglementaires. Ce cas n'était pas isolé : d'autres relevés font état de contaminants dans d'autres secteurs de Lower Manhattan. Un audit de novembre 2001 a par ailleurs révélé une concentration de benzène toujours en hausse près des tours, et une progression de l'amiante sur le site d'enfouissement de Fresh Kills, à Staten Island.

Une résidente du quartier, Marisa Ramírez de Arellano, a raconté auprès du New York Times avoir tenté de nettoyer elle-même son appartement, un effort "en grande partie vain". Des années plus tard, elle a suivi un traitement pour des lésions pulmonaires suspectées. "S'ils pensent que l'herbe est contaminée, alors qu'est-ce qu'on respire tous ?", s'était-elle interrogée en voyant une équipe spécialisée remplacer la terre d'un rond-point du quartier.

Des responsables qui assuraient de la sécurité de l'air

Plusieurs élus, dont le représentant Jerrold Nadler, alertaient déjà à l'époque sur l'insuffisance de la surveillance. "Ils étaient au courant de l'état de l'air, et ils n'ont pratiquement rien fait", a-t-il confié récemment. Le maire de l'époque, Rudolph Giuliani, avait pourtant continué à défendre publiquement la qualité de l'air, tout comme son successeur Michael Bloomberg, qui affirmait en 2002 que "tous les tests réalisés indiquent que la qualité de l'air était dans des limites acceptables".