L'annonce d'un plan d'urgence agricole à hauteur d'un milliard d'euros, après un été de tous les extrêmes, laisse de marbre les syndicats agricoles, qui en attendaient plus. Problème : la marge budgétaire de l'exécutif est particulièrement faible. Au point que la question du financement de l'aide n'est pas encore totalement tranchée.
Face à la crise du secteur agricole, un plan d'un milliard d'euros a été annoncé ce vendredi par le gouvernement, afin de redresser la production au plus vite et aider les exploitations touchées par les événements climatiques extrêmes de cet été.
Une somme jugée insuffisante par les représentants des agriculteurs, mais qui, compte tenu de la situation budgétaire, est le maximum que puisse proposer l'exécutif. Le gouvernement veut d'abord éviter les faillites : 520 millions d'euros serviront à indemniser les pertes de récoltes, 330 millions à alléger la taxe foncière des exploitations les plus touchées et 235 millions alimenteront un fonds pour acheter du fourrage, des semences ou réparer les dégâts des incendies.
L'épineuse question du financement
Pour la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, l'effort est à la hauteur de l'urgence. "C'est une réponse forte. Un effort conséquent de solidarité de la part de tous les Français dans une situation budgétaire difficile", insiste-t-elle.
Les préfets doivent maintenant commencer à répartir les aides sur le terrain. Reste une inconnue majeure : le financement. Sébastien Lecornu a demandé des gels et des annulations de dépenses dans le budget actuel, mais le gouvernement n'a pas encore précisé où il trouvera toutes les économies nécessaires.
Ce plan d'urgence n'est en tout cas qu'une première étape. Dès la semaine prochaine, de nouvelles concertations doivent préparer un plan de relance de l'agriculture, inscrit cette fois dans le budget 2027. Après avoir trouvé de l'argent pour l'urgence, l'exécutif devra donc encore trouver une majorité pour financer la suite.