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Pourquoi le Vanuatu souhaite engager une procédure contre la France à la Cour internationale de justice

Vanuatu (Archives) [Chris McCALL / AFP]

La Cour internationale de justice affirme, dans un communiqué publié mardi, que le Vanuatu, archipel situé dans l'océan Pacifique, proche de la Nouvelle-Calédonie, souhaite engager une procédure contre la France. Cette requête porte sur un différend opposant les deux pays sur la souveraineté de deux petites îles, et la zone économique exclusive (ZEE) qui en découle.

Les relations se tendent entre le Vanuatu et la France. L'archipel de l'océan Pacifique souhaite engager une procédure contre Paris devant la Cour internationale de justice, rapporte la Cour dans un communiqué publié ce mardi. Le différend porte sur deux minuscules îles contestées, appelées Matthew et Hunter, situées à l'est de la Nouvelle-Calédonie.

Une revendication depuis 1980

Cette requête concerne "la souveraineté de Vanuatu sur les îles Umaenupne (Matthew) et Umaeneg/Leka (Hunter)" et "l'établissement d'une frontière maritime unique entre les zones économiques exclusives et les plateaux continentaux de Vanuatu et de la France (en ce qui concerne la Nouvelle-Calédonie)", a précisé la Cour.

Le Vanuatu revendique ces deux petits territoires depuis son accession à l'indépendance vis-à-vis de la France et du Royaume-Uni en 1980. Si les îles Matthew et Hunter mesurent moins d'1 km², et demeurent inhabitées et isolées du Pacifique sud, elles procurent une zone économique exclusive (ZEE) de 350.000 km² à la France.

"Essayer de trouver des solutions sans renoncer à la souveraineté"

Cependant, Paris ne souhaite pas céder sa souveraineté sur ces îles. "La position de la France est claire et ferme. C'est une position de dialogue, une position d'ouverture, mais c'est surtout un rappel de la souveraineté de la France sur ces îles", a affirmé Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie et des Partenariats internationaux, qui dirige la délégation française au 55e Forum des îles du Pacifique aux Palaos.

Il faut "discuter, négocier, essayer de trouver des solutions sans renoncer à la souveraineté. Il n'en a jamais été question", a-t-elle insisté. Paris prend acte "à ce stade" de la requête du Vanuatu devant la Cour internationale de justice (CIJ) et répondra "sur la juridiction" et "sur le fond", "en temps voulu", a-t-elle ajouté.

Des discussions entamées en 2025

Le Vanuatu a déposé une requête visant à ouvrir une affaire devant la CIJ. Conformément au règlement de la Cour, l'affaire ne pourra être examinée que si la France reconnaît la compétence des juges internationaux pour statuer sur ce différend. Si Paris n'accepte pas cette compétence, "l'autre voie consiste à demander un avis consultatif" via "un vote à la majorité de l'Assemblée générale des Nations unies", a expliqué le ministre vanuatais de l'Environnement, Ralph Regenvanu, qui conduit une délégation de son pays au Forum.

La France et le Vanuatu ont entamé en 2025 des discussions pour trouver un consensus, en particulier sur les délimitations de la ZEE de chacun. Elles devaient initialement se poursuivre début 2026, mais ont dû être repoussées pour éviter un télescopage avec des échéances électorales en Nouvelle-Calédonie. En mai, le Premier ministre de Vanuatu, Jotham Napat, a accusé Paris de pratiques coloniales et menacé d'utiliser "toutes les voies diplomatiques et juridiques internationales" si les discussions n'aboutissaient pas.