Plus de 24 heures après la mort de deux personnes fauchées par une voiture près de la gare de Caen, le quartier reste sous le choc. Neuf autres personnes ont été blessées. La piste d’un conflit amoureux, sur fond de tensions entre communautés tchétchène et afghane, se précise.
Le quartier de la gare de Caen est toujours sous le choc, un peu plus de 24 heures après le drame. Deux personnes sont mortes, fauchées par une voiture-bélier. Neuf autres ont été blessées. Le conducteur du véhicule, un Russe d’origine tchétchène âgé de 26 ans, a été interpellé. Selon les premiers éléments de l’enquête, la piste d’un conflit amoureux, sur fond de tensions entre communautés tchétchène et afghane, se précise.
Les investigations se poursuivent pour établir les circonstances exactes de ce passage à l’acte. Sur place, le drame a ravivé un profond sentiment d’insécurité chez certains riverains. Sur le trottoir en face de la gare, plusieurs groupes de personnes errent dans la rue, vêtements noirs et capuches sur la tête, à quelques pas des passants qui attendent le bus. "La gare de Caen, je n’aime pas y aller. J’y vais seulement contrainte et forcée, pour prendre un bus ou un train. Et pas tard le soir, surtout pas", confie Séverine, qui habite Caen depuis 30 ans.
Comme elle, plusieurs habitants décrivent un quartier qu’ils jugent de plus en plus inquiétant. "C’est toute une population sans plan de sécurité. Ils vous regardent et on n’est pas à l’aise", poursuit Séverine. Selon elle, l’ambiance a beaucoup changé ces dernières années. "Ce n’était pas comme ça avant. On voit de tout maintenant : des coups de couteau, des bagarres. Il ne faut pas aller vers eux, c’est tout", rapporte une habitante de Caen.
"C’est vraiment un centre de vente de drogue"
Il y a deux mois, Robert dit avoir été témoin d’une violente altercation dans le quartier. "Il y en a un, l’autre fois, il a taxé une cigarette. Ils l’ont lacéré, un coup de cutter sur le visage. C’est honteux", raconte-t-il. Plusieurs riverains évoquent aussi la présence de trafic de drogue autour de la gare. Tacos, kebabs et bureaux de tabac serviraient de points de deal, affirme un habitant afghan rencontré sur place.
"C’est vraiment un centre de vente de drogue. Ici, il y a trois ou quatre groupes. Les gens vendent de la drogue tout le temps", assure-t-il. Selon lui, les sollicitations sont visibles jusque dans la rue. "Si vous passez à côté, il y a des gens qui vous appellent : 'Est-ce que vous avez besoin de quelque chose ?' Ça fait vraiment peur", témoigne-t-il.
Une peur désormais partagée par de nombreux Caennais. Après le drame, certains habitants confient qu’ils renonceront désormais à passer devant la gare, surtout le soir.